Le 1er février, les employés du British American Tobacco Coordination Centre (BAT) de Molenbeek apprenaient que le groupe cigarettier avait l'intention de fermer le site et de le délocaliser en Roumanie. Sur les 45 postes de travail à Bruxelles, 39 risquent d'être supprimés. Une procédure Renault de licenciement collectif est ouverte et on apprend vendredi, du front commun syndical, que les négociations sociales sont très tendues.

"Mardi, lors du dernier conseil d'entreprise, le représentant allemand de la direction nous a annoncé que les négociations ne pourraient pas débuter avant la fin avril, parce que le groupe n'a pas le temps avant, nous a-t-il dit. De plus, BAT ne veut y consacrer que quatre journées. Ce n'est pas acceptable pour les organisations syndicales. Le personnel est furieux, choqué et frustré", explique Corinne Martin, permanente CNE.

"Lors de l'annonce de la fermeture, la direction a déclaré que la restructuration était nécessaire pour libérer des fonds afin de financer la transition vers de nouveaux produits sans tabac. En réalité, il s'agit d'un véritable dumping social. Les collègues belges doivent céder la place aux travailleurs bon marché en Roumanie. Cependant, à la suite d’un audit interne, le site de Molenbeek était considéré comme le meilleur du groupe", écrit le front commun dans un communiqué publié vendredi.

Le front commun a déposé un préavis d'actions, en signe de protestation.

Les syndicats soulignent encore ceci : "British American Tobacco lance samedi sa nouvelle cigarette électronique Vype en Belgique. Le lancement a lieu au moment où BAT veut mettre 39 personnes à la porte en Belgique. La société a également reçu une facture de 8 millions d’euros plus tôt cette année de la part des autorités fiscales car elle avait évité de payer ses impôts en Belgique grâce à un montage".

Le prochain conseil d'entreprise de la procédure Renault aura lieu mardi.