Le géant de la distribution par internet Amazon exerce des pressions "inacceptables" sur ses salariés, a estimé jeudi le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire, qui a aussi défendu les libraires fragilisés par la crise du coronavirus.

Interrogé pour savoir s'il était normal que des salariés ne soient pas payés s'ils exercent leur droit de retrait pour des raisons sanitaires, le ministre a déclaré au micro de France Inter que "ces pressions sont inacceptables et nous le ferons savoir à Amazon".

M. Le Maire a par ailleurs estimé que les libraires, qui se disent menacés encore plus que d'ordinaire par la concurrence d'Amazon en période de confinement, "sont effectivement un commerce de première nécessité, c'est ma conviction".

"Je suis prêt à regarder cette question", a ajouté le ministre, en affirmant qu'il "comprend très bien l'inquiétude des libraires".

"Je ne vois pas pourquoi ce serait uniquement Amazon qui récupérerait le marché au risque de fragiliser les libraires", a précisé M. Le Maire.

"Je suis prêt à rouvrir cette question, à regarder avec le reste du gouvernement, avec le ministre de la Culture, avec le Premier ministre, si quelque chose peut être fait sur les librairies", a encore dit le ministre.

Mais "il faut s'assurer que nous pouvons garantir les règles de sécurité sanitaire" dans les échanges entre le commerçant et ses clients, et la "librairie ne peut pas être un lieu de rassemblement", a-t-il nuancé.

Il faudrait, selon M. Le Maire, "que les clients viennent un par un, qu'ils ne soient pas nombreux dans les librairies, qu'ils se contentent d'acheter le livre et de ressortir immédiatement, et que ce ne soit pas - et c'est tout le plaisir de la librairie - un lieu où on flâne et où on reste longtemps".