Brussels Airlines (BA) a inauguré dimanche ses premiers vols sous les couleurs (logo en forme de B formé de 14 boules rouges sur la dérive bleue des avions) de la nouvelle compagnie aérienne belge (plus de 70 destinations en Afrique et en Europe dont une nouvelle liaison vers Cracovie dès le 30 mars). Un Boeing 737 qui a quitté l'aéroport national le matin à 7h pour Lisbonne est de retour vers 13h45 ramenant 151 passagers un peu surpris d'être les heureux élus par le hasard pour le vol inaugural. Parmi eux figure l'ex-entraîneur du Standard, Johan Boskamp, qui avait probablement assisté, samedi, au match Belgique-Portugal. En guise de souvenir, ils ont reçu une maquette d'un avion de BA.

Mais pour les dirigeants de BA, l'actualité de ce dimanche n'a rien à voir avec le football. A l'atterrissage, l'avion est salué par les camions citernes des pompiers qui ont aspergé la carlingue d'eau pour saluer le nouveau départ. "C'est l'aboutissement de tout un travail et on ne peut qu'être satisfait. Officiellement, SN Brussels Airlines et Virgin Express disparaissent pour de bon et vu le nombre des réservations sous la nouvelle marque (plus d'un million), on peut dire que les clients nous font confiance", se réjouit Philippe Vander Putten, le CEO. "C'est très excitant de faire ce premier vol, on est bien parti. Il y a des difficultés, car la direction a voulu aller un peu trop vite, mais on finira par trouver une solution", dit Alain Duvivier, le commandant de bord du vol inaugural. Wilfried Van Assche, CEO de Brussels Airport est présent à l'accueil.

Le nouveau départ de Brussels Airlines comporte une (petite) fausse note. La direction n'a pas encore trouvé d'accord avec les pilotes et le personnel de cabine. Les syndicats ont d'ailleurs organisé une action symbolique dans le hall de l'aéroport pour sensibiliser les passagers. "La direction refuse le dialogue et veut imposer un temps de rotation de 30 minutes entre deux vols d'un même avion alors que la convention collective actuelle l'a fixé à 40 minutes. Elle dit que le personnel gagne plus, mais elle oublie de préciser qu'il va voler 10 à 15 heures de plus par mois. Elle supprime les escales de nuit avec une réduction du per diem, mais les gens veulent les garder", dénonce Jasmine De Groot, permanent syndical (CSC-ACV). Pour forcer la direction à discuter, le personnel a décidé de ne pas vendre de boissons, ni de sandwiches à bord pour les passagers low cost (ticket b.light) de BA et de respecter les 40 minutes de temps de rotation. Il les avertit dans le hall qu'ils pourront être confrontés à un retard de 10 minutes. "Nous devons fusionner deux cultures différentes au sein de la nouvelle compagnie, il est donc normal qu'il y ait des oppositions. Mais il n'y a pas de réduction de personnel, au contraire, on engage et les syndicats doivent savoir que, pour l'instant, on ne peut pas offrir financièrement plus, car la situation de la compagnie reste fragile", répond M. Vander Putten.

© La Libre Belgique 2007