Selon nos informations obtenues à bonnes sources, Brussels Airlines avait élaboré un programme de lancement de nouveaux vols au départ de Brussels Airport vers l’Afrique. Mais les discussions visant à un rapprochement avec Lufthansa et la crise qui frappe le secteur ont forcé les dirigeants de la compagnie aérienne belge à revoir leur projet. "Ces projets de développement sont toujours d’actualité, mais nous avons juste revu le timing. Car vu la crise dont on ne sait pas quand elle va s’arrêter, ce n’est pas le moment de se lancer dans ce genre d’expansion", nous a confié Michel Meyfroidt, co-administrateur délégué de Brussels Airlines. La compagnie aurait dû annoncer l’ouverture de quatre nouvelles destinations au départ de l’aéroport national notamment vers Lagos (Nigéria), Lomé (Togo). Des villes ou capitales du Mali (Bamako), du Bénin (Cotonou) ou encore de l’Afrique du sud (Johannesbourg, le Cap) seraient également à l’ordre du jour.

La finalisation du mariage de Brussels Airlines avec Lufthansa pourrait accélérer ou réorienter l’ouverture de certaines de ces lignes dans la mesure où elles sont déjà opérées par la compagnie allemande ou sa filiale Swiss. C’est notamment le cas de Johannesbourg (desservie par Lufthansa et Swiss) et de Lagos (Lufthansa). Le mariage dont la Commission européenne a reporté l’examen du 10 juin au 1er juillet devrait aussi enrichir l’offre africaine de Brussels Airlines avec des pays comme l’Ethiopie, l’Egypte, la Libye ou encore le Soudan qui sont déjà opérés par Lufthansa. "L’alliance avec Lufthansa est une grande opportunité pour le développement de nos activités, mais aussi pour celui de l’aéroport de Bruxelles-National qui se verra propulser dans le cercle des grands aéroports mondiaux au même titre que Paris et Schiphol", a expliqué récemment Bernard Gustin, l’administrateur délégué de Brussels Airlines, lors d’une conférence-débat organisée par Flexitime, une société de services spécialisée en communication d’entreprises.

La compagnie aérienne belge a repris quatorze des vingt-et-une destinations africaines de l’ex-Sabena et bénéfice d’une bonne renommée sur le continent noir en raison du bon souvenir laissé par sa grande soeur défunte. L’objectif poursuivi par ses dirigeants est d’arriver, à terme, à relier toutes les destinations africaines desservies en son temps par l’ancienne compagnie aérienne belge mise en faillite en 2001. Pour l’instant, la priorité aujourd’hui est de prendre des mesures pour survivre à la crise et de s’en sortir en ayant les éléments à sa disposition pour assurer sa relance. Brussels Airlines a déjà réduit sa capacité de 15 % depuis l’hiver 2008 et depuis quelques semaines déjà ses 11 Boeing 737 volent à 70 % de leur capacité. "Ca revient au même que de clouer deux avions au sol. Nous avons choisi cette solution pour des raisons de maintenance des appareils", nous a expliqué Michel Meyfroidt.

Le budget marketing a été réduit de plus de 50 % et la compagnie envisage de geler les salaires durant un an. Dans le cadre des discussions de rapprochement avec Lufthansa, Brussels Airlines s’est pratiquement passée de l’assistance des consultants bancaires, ce qui lui aurait permis de réaliser une économie de deux millions d’euros. Au total, la compagnie veut réaliser une économie de 50 millions d’euros pour 2009 et elle entend signer un accord avec les organisations syndicales d’ici la fin du mois afin de pouvoir mettre en pratique son plan dès le 1er juin. "Ce sont des mesures temporaires qui doivent nous permettre d’être prêts dès la relance de l’économie", assure Bernard Gustin. Il rappelle la stratégie de réussite élaborée à cet effet et qui est axée notamment sur l’intégration dans une alliance, la réduction des coûts, la satisfaction des besoins des voyageurs, une performance élevée sur le plan organisationnel. La compagnie aérienne dénonce aussi de son côté le projet de terminal low cost des dirigeants de l’aéroport national.