Selon le quotidien allemand "Handelsblatt" de mardi, la compagnie aérienne Lufthansa aurait l'intention de racheter la belge, Brussels Airlines (née en 2006 du rapprochement entre SN Brussels Airlines et Virgin Express). Lors de son assemblée générale à Cologne hier, Lufthansa n'a pas confirmé son intérêt pour l'opérateur belge, né sur les cendres de l'ex-Sabena. Du côté de Brussels Airlines, on confirme tout au plus des discussions avec Lufthansa, dans le cadre d'une intégration commerciale dans Star Alliance, une des trois grandes alliances aériennes (lire ci-dessus). Etienne Davignon, président du conseil d'administration de Brussels Airlines a indiqué mardi, par un communiqué que "la compagnie est en discussions avec différents partenaires pour déterminer les conditions d'une éventuelle participation à une des 3 grandes alliances commerciales. A ce stade, aucune décision n'a encore été prise".

Brussels Airlines n'a jamais caché son intérêt de rejoindre une grande alliance qui lui permettra de réduire certains coûts tout en élargissant la gamme de son offre. Son CEO, Philippe Vander Putten l'a déjà indiqué à maintes reprises. "Nous avons eu des discussions avec les trois alliances (Star Alliance, Oneworld et SkyTeam) pour un rapprochement commercial dans une perspective future. Star Alliance semble être la meilleure voie et cette option a divers avantages. Elle nous permettrait d'avoir accès au marché asiatique au-delà des code-share que nous avons actuellement avec Jet Airways et il n'y aurait plus de concurrence avec Lufthansa au départ de Bruxelles vers l'Allemagne. Par ailleurs, il y aurait des synergies et nous apporterons à la compagnie allemande un réseau africain qu'elle n'a pas", nous a confié une source proche du dossier.

Offre de Jet Airways en 2007

Mais toutes les options sont ouvertes, y compris celle d'un rachat de Brussels Airlines. "Tout dépendra du prix que le candidat est prêt à mettre sur la table et le rôle qu'il confiera à Brussels Airlines", dit une source interne à la compagnie belge. Officiellement, elle-même ne l'exclut pas, mais pose des conditions. "En ce qui concerne une éventuelle entrée au capital d'un nouvel actionnaire, celle-ci ne pourrait être envisagée que dans la mesure où au préalable seraient garanties la pérennité, l'identité et l'autonomie de Brussels Airlines", a précisé Etienne Davignon.

Selon nos informations, la compagnie indienne Jet Airways avec laquelle Brussels Airlines a signé des accords de partage de codes aurait fait une offre de rachat à sa partenaire en 2007.

Elle proposait la mise en place d'une seule compagnie au 1er juin 2008 et d'une seule "liste de séniorité" pour les pilotes. Cette dernière règle notamment leur parcours au sein de la compagnie et leurs perspectives de carrière. Mais le prix proposé et les conditions auraient été jugés insuffisants par Brussels Airlines. Aujourd'hui, les spéculations sur un rachat de la compagnie sont à relier à divers éléments. En effet, le pacte d'actionnaires obligeant ceux qui ont participé à l'aventure à y demeurer pendant 5 ans a déjà expiré. La nouvelle disposition les liant à Virgin Express arrive à échéance à l'automne 2008. Elle stipule qu'à l'expiration du délai, Virgin Express doit, s'il veut vendre ses parts, les proposer d'abord aux actionnaires belges. Si ceux-ci veulent l'obliger à vendre, ils doivent lui offrir un bon prix.