Brussels Airlines n'est pas à vendre

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Philippe Lawson

Publié le

Brussels Airlines n'est pas à vendre
© Jean-Luc Flémal

Réunis jeudi à Bruxelles, les administrateurs de SN Airholding, le holding qui chapeaute Brussels Airlines, ont apporté un démenti à l'information selon laquelle le tiers du capital de la compagnie aérienne belge pourrait être vendu à Jet Airways. Les anciens actionnaires de Virgin Express (qui a fusionné avec SN Brussels Airlines pour créer Brussels Airlines), avec Sir Richard Branson en tête, sont suspectés de vouloir vendre leur participation (29,9 pc) à la compagnie aérienne indienne. "C'est une information qui ne repose sur rien du tout. Brussels Airlines n'est pas à vendre. Tout au plus, nous privilégions une collaboration commerciale avec Jet Airways parce qu'ils nous apportent du trafic et nous leur apportons des destinations", nous a confié Etienne Davignon, président de SN Airholding.

Selon nos informations, lors de la même réunion de jeudi dernier, le conseil a décidé de confier une mission au management de Brussels Airlines : étudier et proposer dans un proche avenir la meilleure alliance à rejoindre en arrêtant le choix entre les trois unions existantes. "Toutes les pistes sont ouvertes et nous devons arrêter la décision d'ici le printemps 2008", nous dit-on.

Actuellement, il y a Skyteam qui regroupe notamment Aeroflot, Air France-KLM, Continental Airlines, Delta, Korean Air et Northwest Airlines (nwa); Star Alliance qui fête ses dix ans cette année et qui rassemble Air Canada, BMI, Lufthansa, Singapore Airlines, United Airlines, US Airways et Swiss. One World, la troisième alliance regroupe American Airlines, British Airways, Finnair, Japan Airlines, Iberia et Quantas.

350 millions d'euros en caisse

Selon des sources proches du dossier, il est temps pour Brussels Airlines de rejoindre une alliance, ce qui lui permettra de conclure des accords commerciaux en matière de revenus, de coûts et d'échange d'informations. Et il serait souhaitable qu'elle intègre le même club que Jet Airways avec laquelle elle tisse des liens privilégiés et qui n'a pas encore rejoint une alliance. "Les investisseurs belges (Tractebel, Fortis, UCB, Solvay, Dexia, GBL, KBC, SRIW, SRIB, ex-Biac) qui détiennent 70,1 pc de la compagnie et qui ont entamé l'aventure veulent rester majoritaires et n'ont pas l'intention de vendre. Nous sommes ouverts à des partenariats stratégiques, mais pas question de vendre la compagnie avec le risque d'une rationalisation qui pourrait avoir des conséquences sociales" , nous dit une source avisée.

Si les ex-actionnaires de Virgin Express veulent vendre leurs parts évaluées à environ 50 millions d'euros, il signale qu'il existe un pacte d'actionnariat qui garantit un droit de préemption aux investisseurs belges. Et aujourd'hui, le groupe a largement de cash en caisse (environ 350 millions d'euros) pour acquérir les parts de Sir Branson et consorts et payer même le surplus de 10 millions d'euros si l'initiative de rachat vient des Belges.

Le conseil d'administration de jeudi aurait aussi examiné les résultats 2007 de la compagnie. En attendant la clôture définitive des comptes, ils seraient légèrement supérieurs à ceux de l'année passée (lire ci-contre). Mais pour l'heure, Brussels Airlines doit adapter sa stratégie, car ses deux produits : b.light, proche de la gamme low cost et b.flex où le passager paie un peu plus et jouit d'une certaine flexibilité, d'un confort et reçoit un repas à bord. Les deux produits, principalement b.flex, ne rencontrent (toujours) pas les objectifs fixés. "Il y a des suggestions de marketing (renforcement des campagnes de promotion) et un débat en interne pour savoir si on privilégie le volume en réduisant un peu les prix ou si on fait l'inverse", nous dit un responsable de la compagnie.

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