Brussels Airlines/Lufthansa validé

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Ph. Law.

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Brussels Airlines/Lufthansa validé
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Hasard du calendrier ou concours de circonstances, c’est le jour où, Claus Becker, directeur général de Lufthansa France-Benelux (basé à Paris) est en Belgique que la Commission européenne a donné son feu vert au partenariat entre la compagnie aérienne allemande et Brussels Airlines. Les deux partenaires auront donc attendu neuf mois après la signature du "deal" en septembre 2008 avant la levée, lundi, du dernier obstacle qui pouvait encore l’empêcher. "Nous sommes très contents du feu vert de la Commission européenne. Il permet aux deux compagnies de réaliser des synergies et d’intensifier leur coopération. Ça donne des perspectives à l’entreprise, au personnel, aux clients et aux actionnaires", nous ont confié en chœur, Bernard Gustin et Michel Meyfroidt, les deux CEO de Brussels Airlines. Lufthansa peut donc, via une augmentation de capital, acquérir 45 % de SN Airholding, la maison-mère de Brussels Airlines pour 65 millions d’euros. Dès 2011, elle peut racheter les 55 % restants pour un maximum de 185 millions d’euros.

Mais pour emporter l’adhésion de la Commission européenne, les deux partenaires ont dû faire des concessions que les dirigeants de Brussels Airlines présentent plutôt comme des remèdes. Pour éviter des freins à la concurrence, les deux compagnies doivent mettre à la disposition de tout opérateur qui le désire des créneaux horaires (slots) au départ de villes allemandes et suisse qu’elles desservent déjà : 3 à Munich, 3 à Hambourg, 2 à Francfort et 2 à Zurich.

Le mariage des deux compagnies élargit le choix des destinations à la disposition des passagers qui pourront rejoindre une des 220 destinations du réseau global de Brussels Airlines et de Lufthansa (1 000 destinations du réseau de Star Alliance) et ce, au départ de Brussels Airport ou via une connexion. Grâce à l’intégration en cours de Brussels Airlines (née de la fusion en 2006 de SN Brussels Airlines et de Virgin Express) dans Star Alliance et dans le programme Miles&More, ils pourront aussi profiter d’autres avantages par l’accumulation des points de fidélité. Pour les deux compagnies, le partenariat sera synonyme d’économie d’échelle grâce aux synergies déjà évaluées à plusieurs dizaines de millions d’euros par an. "Nous soutiendrons Brussels Airlines dans sa stratégie de développement", a commenté Claus Becker, patron de Lufthansa France-Benelux.

Quelles seront les retombées pour l’aéroport national qui a fait part, lundi, de sa grande satisfaction lundi à l’annonce de l’accord des autorités de la concurrence ? "Le partenariat avec Lufthansa renforce notre position sur le tarmac de Brussels Airport, mais il élève aussi l’aéroport national au même niveau que les autres plates-formes (Paris, Schiphol) et va accroître sa visibilité en le connectant à davantage d’aéroports", indique Bernard Gustin. Il précise que les dirigeants de l’aéroport sont aujourd’hui face à un choix : soit développer un "low cost terminal" comme prévu au risque de préjudicier leur principal opérateur et les autres compagnies, soit se positionner comme un aéroport de référence capable de rivaliser avec les autres plates-formes. Brussels Airlines entend se positionner comme la filiale spécialisée dans les destinations africaines subsahariennes de Lufthansa et compte sur le soutien de son nouvel allié pour le développer davantage.

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