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Brussels Airport investit 460 millions

Ph. Law.

Publié le - Mis à jour le

Après une relative discrétion observée depuis sa nomination, il y a treize mois à la tête de l’aéroport de Bruxelles-National, Arnaud Feist sort de sa réserve. Et avec du lourd. Avec son équipe, le jeune patron (45 ans) a élaboré un important et ambitieux plan de développement de Brussels Airport sur cinq ans (2011-2016). "Bruxelles-National est le second pôle de croissance en Belgique après le port d’Anvers. Il représente environ 21 000 emplois directs et plus de 260 sociétés actives sur le site. D’après les estimations de différentes études, l’aéroport génère environ 40 000 emplois indirects. Fort de ce rôle important de l’aéroport, nous avons élaboré un plan de développement qui va nous permettre d’investir 460 millions d’euros sur 2011-2016 dans l’infrastructure. Dans le cadre de l’élaboration de ce plan, nous avons négocié pendant six mois avec les compagnies aériennes et les organisations de secteurs (Bata, AOC). Et pour la première fois dans l’histoire de l’aéroport, nous avons réussi à avoir un accord avec les compagnies aériennes qui représentent plus de 90 % du trafic cargo et 90 % du trafic passagers sur notre plan de développement et la hausse limitée des tarifs aéroportuaires. Ces nouveaux tarifs seront d’application dès le 1er avril pour une période de cinq ans", nous a confié Arnaud Feist (photo vignette), CEO de BAC, la société gestionnaire de Brussels Airport et filiale de l’australien Macquarie.

Il souligne que les projets prévus à l’agenda visent notamment à améliorer le confort des passagers grâce à un raccourcissement des distances à parcourir et une meilleure fluidité au niveau des contrôles de sûreté. Concrètement, BAC prévoit une extension significative de l’actuelle jetée A (vols Schengen et non Schengen) vers l’ouest (voir photo), avec à la clé des portes d’embarquement supplémentaires. "Nous n’avons pas encore défini la taille de l’extension, mais notre objectif est que le nouveau bâtiment soit prêt en 2015. Grâce à cette jetée A ouest, les compagnies aériennes pourront concentrer leurs activités de hub en grande partie dans une zone et on réduira ainsi les distances à parcourir à pied pour les passagers en transfert", dit-il. Par ailleurs, un système de tri de bagages aménagé en 2001 en dessous de la jetée et qui n’a jamais fonctionné deviendra opérationnel en 2012.

L’autre grand projet du plan est l’aménagement d’une nouvelle passerelle vitrée en surface qui reliera le terminal et la jetée A. Répondant provisoirement au nom de "connector" (voir photo), celle-ci sera spacieuse et lumineuse. Elle est conçue de façon à permettre un déplacement aisé et rapide des passagers et leur permettra d’avoir une vue sur les avions et les activités aéroportuaires. Elle viendra remplacer le long tunnel actuel (660 mètres). "La construction abritera les contrôles de sûreté, ce qui permettra de fouiller les passagers plus rapidement et de façon plus confortable. Elle comprendra aussi une nouvelle zone commerciale qui sera aménagée à la fin de l’infrastructure. La mise en service est prévue en 2014", poursuit Arnaud Feist.

Dans son programme de développement, BAC n’oublie pas le low cost. Accueillir davantage de compagnies aériennes à bas tarifs figure en bonne place dans les ambitions de Brussels Airport, mais plus question de leur dédier un terminal spécifique comme cela avait été imaginé, il y a un an. "Il n’y aura pas de terminal low cost, car les conditions ont changé (développement de Brussels Airlines et son entrée dans Star Alliance avec Lufthansa) et notre stratégie aussi. Il n’y aura pas non plus de tarifs différenciés, même si l’Europe nous autorise à les proposer pour des infrastructures différenciées. Des tarifs différenciés ne signifient pas nécessairement l’exploitation d’un terminal low cost. Mais le low cost reste un axe important du développement de l’aéroport, les compagnies à bas tarifs paieront le même tarif que les compagnies régulières et elles bénéficieront aussi d’une infrastructure moderne. D’ailleurs, l’offre low cost est beaucoup plus importante à Brussels Airport que dans n’importe quel aéroport belge", soutient le premier responsable de BAC.

Même si l’aéroport national s’est fait souffler son statut de premier aéroport fret du pays par Liège Airport, ses responsables n’entendent pas rester les bras croisés. Considérant le trafic cargo comme d’intérêt stratégique pour le site, ils avaient déjà décidé de faire de Brucargo (6 000 emplois) un "business unit" à part entière, l’an dernier. Les plans prévoient donc d’importantes adaptations dans la zone fret. La construction d’un bâtiment supplémentaire devrait bientôt voir le jour à Brucargo Ouest, calqué sur le modèle de Brucargo Ouest 1. Ce dernier, d’une superficie de 30 000 m2 a été mis en service en 2009. Des discussions seraient en cours pour attirer un nouvel opérateur dans le nouveau bâtiment et les responsables de Brussels Airport n’excluent pas la construction d’un troisième bâtiment dans la zone fret dans un an ou deux. "Nous avons reçu la certification pour accueillir le Boeing 787-4F et nous travaillons déjà sur le B777 cargo. Des travaux d’aménagement sont prévus pour adapter l’aéroport de fret à l’accueil du B787-4F et pour assurer une meilleure circulation des marchandises entre les hangars et l’avion. Les autorités flamandes ont aussi entamé des travaux qui vont permettre de désenclaver davantage Brucargo", annonce M. Feist.

En effet, la Région flamande a lancé la construction d’un viaduc qui va relier directement Brucargo, sans carrefour, ni feux, à l’autoroute E19 vers Anvers. Il y aura aussi de nouvelles routes d’accès à la zone fret. Ces nouveaux accès seront opérationnels dès le début 2012.

Le plan quinquennal de l’aéroport national intègre un axe immobilier; la filiale de Macquarie a décidé de valoriser le bâtiment administratif de l’ancien terminal, datant de 1958. Il s’agit d’y aménager un centre d’affaires (projet Gateway) avec des bureaux haut de gamme (34 000 m2). Les responsables de BAC envisagent de mener ce projet en partenariat avec des investisseurs potentiels. Il est donc prévu d’ajouter une quatrième aile au bâtiment en forme de U actuel et d’y aménager un atrium vitré. "Nous lancerons prochainement un appel d’offres pour choisir un partenaire. C’est un bâtiment qui est bien situé avec la gare ferroviaire juste en dessous et accueillant plus de 1 000 mouvements de bus par jour. Nous sommes convaincus que ce projet répond à un besoin sur le marché, car il y a des sociétés qui pourraient être tentées d’y implanter leurs bureaux au regard des facilités d’accès du bâtiment qui peut héberger quelque 1 600 collaborateurs. Il sera prêt en 2014", conclut Arnaud Feist qui se réjouit des résultats 2010 de l’aéroport (lire ci-contre).

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