Feu vert pour le terminal low cost. Vendredi, Brussels Airport a annoncé l'ouverture en avril 2009 d'une nouvelle jetée spécialement conçue pour accueillir six avions de ligne low cost. Ce vaste chantier inclut aussi la réouverture d'une partie de l'ancien terminal. Il coûtera plus de 17 millions d'euros à l'exploitant, et lui permettra d'héberger à terme quinze appareils simultanément. À l'heure actuelle, huit compagnies bon marché assurent 22 vols quotidiens au départ de Bruxelles.

"C'est trop peu eu égard à ce que font nos concurrents", lance Wilfried Van Assche, CEO de Brussels Airport. La capitale de l'Europe fait figure de parent pauvre en matière de vols à bas prix. La raison en est simple : son core business se situe ailleurs. En effet, les courriers intra Europe englobent à eux seuls 65 pc du trafic aérien depuis Bruxelles, grâce à des compagnies telles Brussels Airlines, LOT ou Lufthansa. Quant au trafic low cost, il ne représente que 3 pc de l'activité aérienne selon Brussels Airport. C'est trois à quatre fois moins que Paris Charles de Gaulle, Amsterdam, Munich ou Vienne.

Le segment en or...

De tels chiffres, même s'ils sont remis en cause (lire en bas de page), traduisent la nécessité de se lancer dans ce segment qui fait les beaux jours de nombreuses compagnies. "À l'intérieur du Vieux continent, il n'y a pas de secret : les vols à bas prix forment le moteur de la croissance", argumente Wilfried Van Assche.

Brussels Airport en apporte une preuve à petite échelle. Loin d'avoir la réputation de Charleroi et ses 2,5 millions de passagers annuels, elle a tout de même enregistré en 2007 une augmentation de... 100 pc sur son segment low cost. C'est, et de loin, le secteur qui a connu la plus belle envolée l'an dernier.

Et puisque la moyenne d'autres aéroports concurrents tourne autour des 10-15 pc de vols à bas prix, Brussels Airport calque ses ambitions sur eux.

Relookés et moins chers

Les travaux du futur terminal débuteront cet été. Pour les concepteurs, l'occasion est belle d'accoucher d'un véritable modèle de terminal adapté aux spécificités du voyage low cost. Maîtres mots : efficacité et rapidité. Fini les vols avec transferts, afin de gagner du temps dans les tris de bagages. Temps de rotation entre deux départs limité à 30 minutes : de quoi en faire blêmir certains, mais avec l'avantage d'accélérer la densité du trafic.

Reste à voir quelles seront les compagnies intéressées par cette expansion. Les réactions sont pour l'heure mitigées (lire par ailleurs). L'aéroport de Bruxelles-National a la réputation d'être cher, trop cher pour du low cost. "Nous nous situons en plein dans la moyenne européenne. Pour être compétitifs, nous savons qu'il faut faire un geste à ce niveau", nuance Wilfried Van Assche. Le terminal low cost sera par conséquent meilleur marché que l'actuel en termes de charges et autres taxes. Pour attirer des compagnies qui misent tout, ou presque, sur l'attractivité de leurs tarifs, l'argument est décisif.