La Ville de Bruxelles, «telle le putois, fait fuir les entreprises», selon une étude d'Agoria, la fédération de l'industrie technologique qui a sondé l'accueil réservé aux entreprises dans les communes bruxelloises. «Si quelques communes facilitent vraiment la vie des entrepreneurs, beaucoup ne semblent simplement pas s'y intéresser», explique Dominique Michel, secrétaire général d'Agoria. Pour discerner les communes les plus ouvertes aux firmes, la fédération patronale a adopté quatre critères: la pression fiscale, la lourdeur administrative, l'accès aux informations destinées aux entreprises et la cohérence des initiatives communales par rapport à la Région de Bruxelles-Capitale. Les trois premières marches du podium reviennent à Uccle, Etterbeek et Woluwe-Saint-Pierre, grandes gagnantes «toutes catégories». Interrogé quant au caractère scientifique de l'analyse qui se limite à quatre critères seulement, Dominique Michel répond que «c'est dans un esprit de simplicité qu'il n'a pas été tenu compte d'éléments tels que la mobilité et le loyer, qui ne dépendent que partiellement des communes». Avec près de 43 taxes et redevances et un délai de 6 mois pour une réponse à une demande de permis d'urbanisme, la Ville de Bruxelles est en bas du classement. Selon Dominique Michel, «c'est un réel repoussoir à entreprises; c'est à se demander si Bruxelles veut vraiment faire venir de l'emploi sur son territoire!», s'exclame-t-il.

Critère après critère

Lorsqu'on y regarde de plus près, on constate que les communes les mieux classées, donc les plus intéressantes pour les entreprises, ne sont pas nécessairement les plus riches ni les plus grandes. Ainsi, Auderghem, commune riche, est placée en quinzième position pour la pression fiscale. Elle impose donc lourdement malgré un bon état financier. Schaerbeek, qui a peu de moyens, est sur la cinquième marche pour l'accès à l'information, soit une très bonne position, et à la deuxième place pour l'esprit de gestion commune des initiatives. En matière de pression fiscale, la palme de la plus mauvaise commune est décernée à Saint-Josse-Ten-Noode qui impose 2,2 fois plus de taxes qu'Uccle, la meilleure élève dans cette catégorie. Par rapport à la lourdeur administrative, la Ville de Bruxelles est la plus lente et Anderlecht, la plus rapide. En liaison avec l'accès aux informations, Ganshoren est affublée du putois symbolique et Etterbeek d'une chouette, symbole de sagesse.

Et finalement, relativement à l'esprit de gestion entre communes et régions, c'est le cancre du hit-parade global, soit la Ville de Bruxelles, qui remporte la première place.

© La Libre Belgique 2006