C’est ce vendredi 19 juin que sera plaidée au tribunal de première instance de Namur l’action introduite par la société GTSA, candidate à la privatisation partielle de BSCA (gestionnaire de l’aéroport de Charleroi). La plaignante - qui s’est retirée de la course - demande au tribunal d’arrêter la vente de 27,66% de l’aéroport au consortium SAVE/Holding communal. Elle estime que ce dernier a bénéficié d’un traitement privilégié et que les conditions de l’opération ont été modifiées en cours de procédure : possibilité de monter de 27,65% à plus de 48%, changement de l’identité du vendeur (Sowaer au lieu de Sogepa), trop de pouvoir accordé au futur actionnaire minoritaire.

En attendant, "La Libre" a réussi à mettre la main sur les deux conventions qui régissent l’opération de cession d’actions et les relations entre actionnaires, et notamment entre SAVE/Holding communal et la Sowaer (Société wallonne des aéroports). Les deux conventions sont d’ailleurs signées sous la condition suspensive d’avoir l’aval des autorités européennes de la concurrence. Le "business plan" commun élaboré par les deux partenaires, et dont nous avons connaissance, prévoit un investissement de 74,311 millions d’euros, dont 8,910 millions d’euros pour l’addition de places de parking avions supplémentaires, 7 millions pour l’ajout de places parking voitures et 29,6 millions pour l’extension du nouveau terminal. Les frais de bureaux d’études (parkings avions et voitures, terminal) sont évalués à 4,55 millions et l’achat de nouveau matériel de "handling" chiffré à 12 millions. D’autres investissements sont estimés à 12,25 millions. Mais, "à ce stade, il a été décidé de se focaliser sur la période 2009-2012 pour les opérations et de décrire d’autre part les investissements jusqu’à 2015. Le phasing des travaux d’extension prévu pour la période 2013-2015 reste encore à déterminer. Les parties s’engagent à faire leurs meilleurs efforts en vue de permettre à la société d’atteindre l’objectif de rentabilité repris dans le business plan 2009-2012. Elles contractent une obligation de moyens et non de résultats", lit-on dans le "mémo" résumant le "business plan".

Le plan d’investissements prévoit une réalisation en deux phases. A court terme, il est prévu une optimisation du terminal actuel, l’addition de sept places de parking avions pour porter la capacité à 19 positions, l’augmentation de la capacité du parking voitures "via la rénovation de l’ancien airport parking" (+ 2 200 places) et, ensuite, une extension des parkings sur les terrains disponibles (12 000 places). A moyen terme, et en vue d’accroître la capacité du terminal inauguré en janvier 2008 au-delà des 5 millions de passagers, BSCA et SAVE/Holding communal estiment que des travaux supplémentaires seront nécessaires. Ils ont donc planifié d’étendre le terminal actuel de 15 000 m2, l’augmentation du parking avions à 23 positions, l’extension de l’ancien airport parking (+ 1 500 places) et la création de 800 places supplémentaires.

Ils ambitionnent d’accueillir 3,9 millions de passagers sur le tarmac carolo en 2009, avec une montée progressive pour atteindre 5,264 millions à l’horizon 2012. "Cette perspective est confortée par les perspectives de développement annoncées récemment par Ryanair. L’objectif est d’atteindre les dix avions basés Ryanair en 2012". Ils espèrent que les autres compagnies aériennes amèneront à Charleroi un million de passagers en 2012. En 2008, l’aéroport a accueilli 2,04 millions de passagers dont 1,274 million pour Ryanair. En 2010, le plan prévoit 4,41 millions de passagers dont 1,8 million pour Ryanair ; 4,88 millions passagers en 2011 ; et les 5,284 millions pour 2012. Le tableau financier indique que l’aéroport a réalisé un bénéfice net de 1,91 million d’euros en 2008 et les prévisions affichent 2,55 millions pour 2009, 4,76 millions pour 2010, 5,40 millions d’euros pour 2011 et 5,986 millions pour 2012.