Le Brabant wallon est le dernier-né des marchés immobiliers de bureaux, pas encore bien grand (300 000 m² de stock contre plus de 12 millions pour Bruxelles) mais prometteur. Le courtier King Sturge s'en est fait le porte-drapeau, s'arrogeant près de la moitié des parts de marché. Normal dès lors que ce soit lui qui en tire des bilans.

Le dernier en date concerne le premier semestre 2007. Bon, très bon même, puisque la prise en occupation (ou take up) frise les 18 500 m² (plus que tout au long de l'année 2005, particulièrement faible, il faut l'avouer), réalisé en 27 transactions. En termes d'activité, 40 pc du take up sont le fait de sociétés de services, 37 pc d'entreprises industrielles et 23 pc des télécoms/IT. Globalement, le taux de vacances a baissé de 16,71 pc fin décembre 2006 à 10,53 pc fin juin 2007.

PME et multinationales

"Le grand enseignement de ce bilan semestriel, c'est que le Brabant wallon commence à manquer de bureaux, explique Cédric van Zeeland, administrateur de King Sturge. Le taux de vacance a chuté à 10 pc. En chiffres, cela peut paraître important, mais concrètement, cela veut dire qu'il n'y a que 30 000 m² de locaux vacants. Dont près de la moitié sont des bureaux obsolètes ou en mauvais état". Et de préciser, à titre d'exemple, qu'en bureaux "corrects", il ne reste plus que 200 m² de libre à Wavre et 1 500 à Braine-l'Alleud. Résultat : les loyers demandés sont à la hausse, entre 130 et 150 €/m²/an, et acquis sans trop de réduction. Dans la foulée, des investisseurs étrangers s'y intéressent, comme les Irlandais par exemple qui ont acheté la phase I de l'Axis Park à Mont-Saint-Guibert.

Si la demande émanait, comme auparavant, des PME locales, le marché pourrait s'en sortir. "Mais de plus en plus, des sociétés internationales cherchent à s'y installer, ajoute Cédric van Zeeland. Pour elles, Wavre ou Braine-l'Alleud, c'est Bruxelles". C'est donc avec satisfaction qu'il lorgne l'arrivée, dans les deux ans à venir, de 30 000 m² neufs (dans l'Axis Park, les Collines de Wavre et le Parc de l'Alliance). Mais sans trop insister sur la pénurie de peur de donner le coup d'envoi à une surproduction. "Ce qui a "sauvé" le Brabant wallon, c'est, en quelque sorte, les erreurs commises à Bruxelles et en périphérie flamande où tout le monde s'est mis à construire trop en même temps, conclut le courtier. Ici, les promoteurs, déjà en moins grand nombre qu'au nord du pays, se sont montrés d'abord réticents, puis patients. De plus, à la demande des autorités publiques, au lieu de construire des immeubles épars, ils ont réalisé des pôles de parcs d'affaires. Tout va donc pour le mieux : sur le grand Bruxelles, c'est actuellement le seul marché qui sourit".

© La Libre Belgique 2007