L'Ever Given, d'une capacité de 200.000 tonnes, s'était échoué le 23 mars, bloquant le trafic sur le canal, qui assure plus de 10% du commerce mondial, avant d'être renfloué le 29 mars avec l'aide d'experts internationaux.

Lundi, le quotidien gouvernemental égyptien Al-Ahram avait révélé que l'Egypte réclamait 900 millions de dédommagements. Le destin du bateau se joue "désormais... sur le terrain juridique", a affirmé mercredi à l'AFP le porte-parole du propriétaire japonais Shoei Kisen.

Selon l'Autorité du Canal de Suez (SCA), l'Egypte a perdu entre 12 et 15 millions de dollars par jour de fermeture du canal, emprunté par 19.000 navires en 2020, soit une moyenne de 51,5 navires par jour.

Figurant parmi ses principales sources de revenus, le passage a rapporté environ 5,7 milliards de dollars au Caire en 2019-2020.

Lundi soir, le chef de l'Autorité du canal de Suez (SCA) avait fait état à la télévision publique de "négociations" en vue d'obtenir des dédommagements pour le préjudice subi.

L'Egypte n'a commis "aucune erreur" dans cet incident, selon lui, en faisant porter la responsabilité au navire.

900 millions de dollars

"Les négociations se poursuivent, il y a encore beaucoup de points (d'achoppement) avec l'entreprise et l'assurance, à commencer par la somme", avait affirmé l'amiral Ossama Rabie.

Cité mardi par Al-Ahram, l'amiral a indiqué que son pays voulait le versement de 900 millions de dollars (environ 750 millions d'euros).

"Le navire panaméen Ever Given a été saisi en raison du non-paiement de la somme de 900 millions de dollars (...) en vertu d'un jugement rendu par le tribunal économique d'Ismaïlia" (est), a-t-il dit. Le montant correspond, selon la même source, aux "pertes engendrées par le bateau à l'Autorité outre son renflouement et les opérations de maintenance".

Plus de 400 navires avaient été bloqués au nord et au sud de l'isthme durant six jours, formant de gigantesques embouteillages qui ont mis plusieurs jours à se résorber.