Actuellement au Liban après voir fui le Japon en 2019 de façon rocambolesque, Carlos Ghosn explique la raison de son absence à son audition. Il reconnaît par ailleurs avoir peu d'espoir concernant son avenir dans l'hexagone.

" Il y a un obstacle technique. Mes avocats discutaient avec le juge d'instruction des conditions de cette audition depuis des semaines ", explique-t-il. " Personne ne peut m'assurer que le voyage sera sans interruption, sans accident ".

Carlos Ghosn fait en effet l'objet de procédures dans au moins quatre pays pour des soupçons de fraudes financières. En se rendant en France, il risque donc de se faire arrêter sur le trajet.

"Mon passeport est entre les mains du procureur général au Liban, car le Japon a émis un mandat d'arrêt international me concernant. Je souhaite aussi avoir la certitude que ma sécurité est assurée et que l'on me garantit une liberté de circulation", ajoute l'ancien patron de Renault-Nissan.

Par ailleurs, il affirme auprès du quotidien être fier de son bilan lorsqu'il était à la tête l'alliance Renault-Nissan: " J'aimerais que l'on m'explique, si j'étais mauvais, pourquoi on a renouvelé mon contrat en juin 2018, soit quelques mois seulement avant mon arrestation au Japon? Le Conseil d'administration où siègent deux représentants de l'Etat m'a demandé dans son ensemble de rester quatre ans de plus. Ils connaissaient tout de moi : ma stratégie, mon management, ma personnalité. Cela fait tout de même 17 ans que je suis à la tête de Nissan, treize ans de Renault, trois ans chez Mitsubishi. Si j'avais été un 'fou des volumes', on s'en serait aperçu, non? ", tranche-t-il.

Enfin, M. Ghosn admet ne "pas être naïf" concernant l'issue de cette audition: " Je n'ai pas fait l'ENA, je n'ai pas les connexions habituelles du patronat français, je n'appartiens pas à l'establishment. Le microcosme ne me considérait pas à juste titre comme faisant partie des siens ", conclut Carlos Ghosn, critique.