L'ancien patron de Renault Carlos Ghosn, qui a fui le Japon où il est poursuivi pour malversations, a saisi la justice pour réclamer à son ancien employeur le paiement de son indemnité de départ en retraite, selon des sources concordantes confirmant lundi une information du quotidien Le Figaro.

"Il y a une procédure auprès des prud'hommes" au tribunal des prud'hommes, chargé des affaires sociales, à Boulogne-Billancourt, siège du groupe près de Paris, a confirmé à l'AFP une source dans l'entourage de M. Ghosn. 

Un porte-parole de Renault a confirmé que le constructeur automobile avait "reçu fin décembre une assignation aux prud'hommes". 

Une audience est prévue "fin février", ont indiqué les deux parties sans dévoiler la date précise. Le litige porte sur le versement d'une indemnité de départ en retraite de 249.999,99 euros. Cette somme ne lui a pas été versée par Renault au motif que Carlos Ghosn aurait démissionné de l'entreprise fin janvier 2019, alors qu'il était encore en prison au Japon. Mais l'ancien patron, actuellement au Liban, assure avoir quitté l'entreprise sans démissionner, afin justement de faire valoir ses droits à la retraite, alors qu'il était de fait empêché de diriger le groupe. 

"Compte tenu notamment de son arrestation au Japon en novembre 2018", Carlos Ghosn, s'est vu contraint, le 23 janvier 2019, d'informer Renault de sa décision de quitter définitivement l'entreprise, afin de prendre sa retraite", affirme sa défense. Au printemps 2019, il a d'ailleurs fait les démarches pour liquider ses droits. "Il bénéficie du versement de cette pension depuis le 1er juin 2019", a-t-on précisé de même source. 

"J'ai des droits vis-à-vis de Nissan, vis-à-vis de Renault, qui n'ont pas été respectés, et je compte bien les réclamer en justice", avait prévenu Carlos Ghosn mercredi dernier. Dans son entourage, on précise qu'une autre procédure, cette fois auprès du tribunal de commerce, est envisagée pour obtenir sa "retraite chapeau" d'un montant brut de 774.774 euros par an, ainsi que 380.000 actions de performances. Ces titres, attribués de 2015 à 2018 sous condition de présence dans l'entreprise quatre ans plus tard, sont évalués à environ 15,5 millions d'euros au cours actuel de l'action Renault.