Carlsberg a racheté les Brasseries Kronenbourg Le groupe danois Carlsberg a officiellement racheté les Brasseries Kronenbourg mercredi et indiqué qu'il entendait augmenter de 40 millions d’euros en trois ans la rentabilité de sa nouvelle filiale.

Le PDG de Carlsberg, Jorgen Buhl Rasmussen, en visite au siège des Brasseries Kronenbourg (1.500 salariés) à Strasbourg, a précisé qu'il entendait relancer les ventes du brasseur français. Carlsberg a racheté Brasseries Kronenbourg mercredi dans le cadre de son OPA conjointe avec Heineken sur Scottish & Newcastle, le précédent propriétaire du leader français de la bière.

L’objectif de meilleure profitabilité pourra être atteint par des réductions de coûts, la hausse de la valeur ajoutée et l’optimisation de plusieurs fonctions comme la logistique, les approvisionnements et le commercial, a indiqué M. Rasmussen, sans préciser si cette stratégie entraînerait une réduction des effectifs.

Parallèlement, Carlsberg compte augmenter les parts de marché de Brasseries Kronenbourg en France, actuellement de 34%, et développer ses ventes à l’étranger, notamment en Europe de l’Est et du Nord, a exposé son PDG. Brasseries Kronenbourg subit depuis plusieurs années le recul du marché français dont il est le leader.

Le nouveau propriétaire maintiendra le centre de recherche-développement de Strasbourg ainsi que les capacités de l’usine d’Obernai (Bas-Rhin) qui devient la première brasserie au sein de Carlsberg avec ses 7 millions d’hectolitres annuels, a ajouté M. Rasmussen.

En revanche, Jorgen Buhl Rasmussen n’a ni confirmé ni exclu à terme la possibilité de transférer certaines fonctions "support" comme la comptabilité vers le centre de services Carlsberg de Poznan en Pologne. Cette éventualité forme le principal motif d’inquiétude des syndicats du brasseur français, car elle toucherait "au moins" une partie des 140 emplois de la direction administrative et financière, selon la CFDT.

Les organisations syndicales ont toutefois fait part d’une "première impression positive" après leur rencontre avec les dirigeants de Carlsberg en début de semaine. "Nous les trouvons plus proches de notre culture que Scottish & Newcastle, nous avons le sentiment de parler à des gens du même métier", a déclaré à l’AFP Eric Scheidecker, secrétaire (CFDT) du comité central d’entreprise (CCE). "Ils donnent l’impression de vouloir avancer avec nous, non à côté", a ajouté André Thillard, délégué central CGT.

La CFDT, majoritaire, et FO ont donné un avis favorable au rachat lors du CCE de lundi. La CGT n’a pas donné d’avis "dans l’attente des éléments concrets" au terme des 100 jours que Carlsberg s’est donné pour passer en revue tous les pans de sa nouvelle filiale, a indiqué M. Thillard.