Speak or shut up : parlez ou taisez-vous. Cette règle de droit anglo-saxon, récemment importée en droit belge, vient de trouver une application dans le dossier Scottish & Newcastle, le brasseur britannique qui fait l'objet d'une tentative d'acquisition de la part du danois Carlsberg et du néerlandais Heineken. Le "Takeover Panel", soit l'autorité britannique de régulation des fusions et acquisitions, a exigé hier que les deux candidats acquéreurs lancent officiellement une offre sur Scottish & Newcastle (S&N). Le but d'une telle injonction est d'éviter les spéculations sur le cours de Bourse d'une société cotée lorsque des informations font état de l'intérêt d'un acquéreur potentiel.

En l'occurrence, il y a plus que des rumeurs. A la fin du mois d'octobre, S&N avait rejeté une proposition d'acquisition de Carlsberg et Heineken d'un montant de 720 pence par action. Par la suite, le groupe britannique avait encore refusé de nouvelles avances de ses deux concurrents, relevées à 750 pence par action, soit un total de 9,7 milliards de livres, dette comprise (13,7 milliards d'euros).

Désormais, le "Takeover Panel" étant intervenu, Carlsberg et Heineken ont un mois pour lancer une offre officielle, faute de quoi ils devront s'en abstenir pendant six mois. D'où l'expression "speak or shut up". Les deux groupes doivent, "d'ici le 21 janvier 2008 à midi, soit annoncer une intention ferme de faire une offre sur S&N, soit annoncer qu'ils n'ont pas l'intention de faire une offre ferme" , a annoncé dans un communiqué le Takeover Panel.

S&N s'est félicité dans un communiqué séparé de l'application de cette règle par l'autorité de régulation, soulignant qu'"il est dans l'intérêt du groupe et de ses actionnaires que cette longue période d'incertitude prenne fin" . S&N a répété que l'offre était "hautement inappropriée" et sous-estimait sa valeur.