La Bourse de Paris a salué jeudi la reconquête par Carrefour de ses parts de marché dans la distribution alimentaire en France, même si elle s'est faite au prix d'une expansion internationale moins rapide que prévu. «Carrefour paraît désormais sûr de lui dans sa reconquête de parts de marché en France», estime Guy Francheteau, analyste chez Fideuram Wargny.

Carrefour a annoncé mercredi un chiffre d'affaires de 20,42 milliards d'euros au premier trimestre, en hausse de 8 pc. En France, (50 pc des ventes) un marché laminé par la guerre des prix, les ventes ont progressé de 5 pc.

«Carrefour gagne des parts de marché de façon claire et consistante: 60 points de base en mars (un point = 0,01 pc) après 40 points en février et 80 points en janvier», selon l'institut TNS, souligne Jaime Vasquez, l'influent analyste de JP Morgan.

En raison de ces ventes meilleures que prévu, M. Vasquez a relevé de 25 pc son objectif de cours pour l'action Carrefour, à 50 euros, et de 6 pc ses prévisions de bénéfice par action pour 2006 et 2007, à 2,8 euros et 3,1 euros.

A l'international, où Carrefour connaît une croissance naturelle, grâce à sa stratégie d'ouverture de magasins, le numéro deux mondial de la distribution a cependant déçu, avec une croissance à changes constants de 6,9 pc, tempère Emmanuelle Thollon-Pommerol, du CIC Securities, qui espérait +9 pc. «Le verre est à moitié vide», estime cette analyste.

Mais «en France, le score est très correct et c'est ce que le marché attendait en priorité» rappelle Guy Francheteau.

La forte expansion internationale de Carrefour dans les années 80 et 90 avait fait du deuxième distributeur mondial l'un des poids lourds du Cac 40 en 1999, lorsque l'action avait culminé à 96,60 euros. Le titre avait ensuite perdu deux tiers de sa valeur en quatre ans, touchant début 2003 un plus bas de 29 euros, sur fond de concurrence croissante des magasins hard-discount et des centres Leclerc.

Carrefour était apparu aux analystes de la Société Générale puis de la Deutsche Bank comme la principale victime de cette concurrence, le groupe finançant son expansion internationale par les marges bénéficiaires de son activité en France.

La stratégie de reconquête lancée début 2004 s'est au contraire appuyée sur des investissements dans des prix bas en France, quitte à privilégier la rentabilité à l'étranger. Selon les analystes de la Deutsche Bank, cette stratégie a porté ses fruits. En Bourse de Paris, l'action Carrefour a terminé la séance de jeudi sur une avance de 3,65 pc à 44,57 euros.

© La Libre Belgique 2006