Le titre Carrefour a clôturé en baisse vendredi, à la Bourse de Paris. L'action a d'abord dévissé de 2,92 pc, plusieurs analystes jugeant "spéculative" sa hausse récente sur des rumeurs de désengagement de la famille Halley, premier actionnaire du groupe de distribution. Mais en cours de journée, le cours est remonté pour clôturer sur une baisse de 1,09 pc à 50,06 euros.

Vendredi matin, Deutsche Bank a abaissé sa recommandation sur l'action Carrefour à "conserver" contre "acheter" auparavant, avec un objectif de cours maintenu à 54 euros, expliquant que la progression de près de 18 pc du titre ces deux dernières semaines ne lui semble pas justifiée.

Les performances du deuxième distributeur mondial sont restées médiocres en France au quatrième trimestre 2006, alors que ses concurrents gagnaient du terrain, argumente la banque allemande, qui ne table sur aucune amélioration des résultats au premier semestre 2007. Deutsche Bank impute la hausse du titre à des spéculations consécutives au départ du codirigeant de Carrefour Luc Vandevelde, évincé le 22 janvier de la tête de la holding des Halley, ce qui avait été interprété comme un signe possible de retrait du premier actionnaire du groupe, avec 13 pc du capital. "À court terme, notre sentiment est qu'il s'agit de beaucoup de bruit pour rien, dans le sens où Luc Vandevelde n'a jamais été juridiquement le représentant des Halley au sein du conseil de surveillance de Carrefour", commente la Société Générale dans une note à ses clients.

"Décote marquée"

Selon les analystes de la banque, "il semble possible que le départ de M. Vandevelde soit lié à un désaccord personnel avec les Halley, d'où l'absence de répercussion de ce conflit sur Carrefour", qui ne serait donc pas menacé de rachat par des fonds d'investissement.

La Société Générale maintient toutefois sa recommandation à "achat", rappelant que le titre Carrefour "conserve une décote marquée face au secteur" et estimant que, si le groupe ne parvient pas à se redresser, il "suscitera des convoitises industrielles", par exemple de son concurrent britannique Tesco. (AFP)

© La Libre Belgique 2007