Carrefour a fortement baissé mardi à la Bourse de Paris alors que l’ensemble des places boursières étaient en forte hausse. En cause, un nouvel avertissement sur résultat dans la soirée de mardi, ce qui a conduit plusieurs analystes à revoir à la baisse leurs estimations sur le groupe ce matin.

L’action du premier distributeur français a perdu 5,60 % à 32,9 euros, après avoir perdu plus de 10 % dans la matinée. Carrefour voit ainsi s’évaporer l’intégralité des gains boursiers qui avaient suivi la présentation de son plan de rénovation des hypermarchés, en septembre dernier, et revient à des niveaux de valorisation datant de la fin août.

Pour rappel, le groupe de distribution a réduit mardi soir son objectif de résultat opérationnel avant éléments non courants pour l’exercice 2010 d’environ 130 millions d’euros, c’est-à-dire de près de 4 %, tout en portant sa prévision de charges exceptionnelles pour le Brésil à 550 millions d’euros pour 2010, contre 180 millions d’euros attendus précédemment.

Mercredi matin, beaucoup de professionnels exprimaient une certaine exaspération vis-à-vis des prévisions émises par le groupe de distribution, souligne le site financier Boursorama. "Ce dernier profit warning vient renforcer le scepticisme vis-à-vis des objectifs financiers de long terme de Carrefour, tout particulièrement quand on tient compte de l’environnement de plus en plus concurrentiel de la France, qui rendra difficile la tâche de profiter des mesures de réduction de coûts", explique ainsi Sanford Bernstein, qui maintient son opinion "performance de marché" sur le titre mais abaisse son objectif de cours sur le titre de 40 à 36 euros (-10 %). "Les charges passées au Brésil soulèvent un certain nombre de questions sur la rentabilité sous-jacente du groupe ainsi que sur la gestion globale des activités inter nationales", conclut-il.

D’autres spécialistes se montrent tout aussi blasés. Les analystes d’Aurel BGC préfèrent ainsi dégrader leur recommandation sur le titre de "acheter" à "conserver", avec un objectif ramené de 74 à 40 euros, redoutant une "perte de confiance" de la part du marché. Citigroup abaisse de son côté ses prévisions sur le groupe. Dans une note diffusée mercredi matin, Crédit Suisse - qui réitère son opinion "sous-performance" tout en abaissant son objectif de cours à 33 euros contre 36 euros précédemment - évoque une véritable "surprise", étant donné que le groupe avait confirmé ses prévisions pour l’exercice en cours quelques semaines auparavant. (AFP)