Entre syndicats et direction de Carrefour, le dialogue de sourds continue. Vendredi, le siège central et l'hypermarché d'Evere ont été bloqués en signe de protestation contre l'ouverture, toujours prévue mercredi à Bruges, d'un "hyper" d'un nouveau genre, légalement indépendant mais sans l'être dans les faits et, surtout, placé sous une commission paritaire moins avantageuse que les autres hypermarchés du pays (ce qui se traduit notamment par des prestations moins bien rémunérées le soir et le dimanche, moins de récupérations possibles le samedi, des horaires plus lourds et plus flexibles, et un salaire moins élevé).

Vendredi matin, environ 300 manifestants ont empêché l'accès à la "tour d'Evere". "Nous regrettons vraiment ce blocage", commentait le porte-parole de carrefour Belgique, Lars Vervoort. "Nous restons sur notre point de vue que B-Park (le nouveau centre commercial brugeois) est positif pour tout le monde ! Nous ne sommes pas intervenus car nous respectons le droit de grève. Seulement, nous aimerions que le droit de travailler soit également pris en compte, ainsi que celui des clients à faire leurs achats." La direction continue à se dire ouverte au dialogue. "Mais pour dialoguer, poursuit-elle, il faut être deux."

Or, depuis la veille, les syndicats n'ont pas changé d'avis. "L'hypermarché de Bruges représente un dangereux précédent pour les conditions de travail dans l'ensemble du secteur", a répété vendredi Karim Majoros, porte-parole au SETCa, avant de confirmer le programme d'actions présenté la veille, soit le boycott de l'ouverture à Bruges mercredi, puis des blocages de magasins les week-ends du 25 octobre et suivants. Comme ils le souhaitaient, les représentants syndicaux de la distribution seront reçus lundi par la ministre de l'Emploi, Joëlle Milquet (CDH). Juste pour expliquer leur point de vue concernant les conditions de travail et les commissions paritaires du secteur, comme le patron de Carrefour Belgique l'avait déjà fait.