L’annonce du "plan de sauvetage" - voilà qui en dit déjà très long! - de Carrefour Belgique n’est malheureusement que la triste confirmation d’un secret de Polichinelle. Car cela fait plusieurs mois, voire quelques années, qu’un tel plan pend au nez des 15 000 collaborateurs de l’ex-numéro 1 de la grande distribution belge. Et cela aurait pu être pire... Les rumeurs font en effet état, à intervalles réguliers, d’un départ pur et simple du géant français - numéro 2 mondial, s’il vous plaît - de notre plat pays.

Carrefour Belgique, né il y a dix ans sur les cendres encore chaudes du réseau GB, se profile depuis bien trop longtemps comme un malade qui n’a jamais trouvé la bonne médication à ses maux structurels: absence de rentabilité, coûts salariaux pénalisants, stratégie commerciale évanescente, management instable, syndicats réticents à l’innovation, etc. Ce qui frappe dans le drame social qui menace un minimum de 1 672 emplois, c’est bien la conjonction d’éléments négatifs. Or, dans un secteur extrêmement concurrentiel où les marges sont particulièrement ténues, chaque erreur se paie cash. Il est d’ailleurs assez étonnant qu’un groupe aussi expérimenté que Carrefour soit à ce point fragilisé sur le sol belge... A moins que, précisément, ses patrons successifs - quatre Français - n’aient imaginé qu’il suffirait de paraître pour conquérir le client belge au nez et à la barbe de Delhaize ou Colruyt, deux "champions nationaux" qui ont appris à cultiver efficacité et humilité. A méditer!