L'enveloppe d'1,6 million d'euros annoncée vendredi par la Commission européenne pour aider 400 travailleurs licenciés des hypermarchés Carrefour en Wallonie à trouver un nouvel emploi est positive pour les travailleurs concernés mais elle arrive un peu tardivement et ne représente finalement qu'un "emplâtre sur une jambe de bois", ont réagi les syndicats CNE et FGTB. 

Avec cette enveloppe, la Commission répond à une demande de la Région wallonne, qui avait sollicité un soutien du Fonds européen d'ajustement à la mondialisation (FEM). En Belgique, 1.019 personnes avaient été licenciées l'an dernier par la chaîne de grande distribution.

"C'est positif car cela va permettre au Forem de continuer à soutenir et accompagner les travailleurs licenciés via la cellule de reconversion mais cela vient un peu trop tard alors que les premiers licenciements sont intervenus en novembre de l'an dernier", estime Delphine Latawiec de la CNE, soulignant au passage "le formidable outil" que représentent les cellules de reconversion mises en place en Wallonie. Ces cellules permettent un soutien "à a la fois individuel et collectif" des personnes licenciées et un véritable accompagnement vers un nouvel emploi ou projet professionnel.

Pour le Setca, Myriam Delmée juge que l'argent libéré par la Commission européenne est "un emplâtre sur une jambe de bois". "Je ne veux pas cracher dans la soupe, c'est positif pour les travailleurs concernés mais on est dans le curatif. J'aurais préféré que ces personnes ne soient pas licenciées."

Alors que le secteur du commerce est confronté à de profondes mutations (robotisation, e-commerce,...) et que de nouvelles restructurations risquent tôt ou tard d'être annoncées, le Setca demande que soit menée, avec les employeurs, une véritable réflexion sur l'avenir du secteur du commerce, ses enjeux et la manière d'éviter de nouvelles lourdes pertes d'emplois. "Lors des dernières négociations sectorielles, nous avons demandé des Etats-généraux du commerce, qui concerne tout de même 600.000 emplois dans notre pays, mais Comeos (la fédération patronale du secteur, NDLR) est absente du débat", déplore Myriam Delmée. "Quand va-t-on être capable, au niveau du secteur, d'avoir un dialogue serein et constructif sur l'avenir du commerce?", demande encore la responsable syndicale.