Entre "Bien manger, bien acheter" et se relancer dans une guerre des prix, Delhaize doit choisir, selon les syndicats.

Parce qu’il s’agit d’intention, et uniquement d’intention, Delhaize Belgique ne souhaite pas détailler à l’extérieur son plan de restructuration/transformation. "On veut évoluer vers une organisation et une structure plus efficaces et plus simples dans nos supermarchés, au siège central et dans les services supports, en introduisant des procédures et technologies plus performantes, indique Roel Dekelver, porte-parole. Sans perdre nos points forts tels que les services à la clientèle, l’assortiment… Différentes pistes sont sur la table. Elles doivent être discutées. Il n’y a donc pas lieu d’en parler."

Ces pistes ont néanmoins été explicitées jeudi au personnel. On y a notamment évoqué une diminution de moitié du nombre de chefs de rayons dans les supermarchés (de 12 ou 11 à 6); l’instauration de plus de polyvalence pour le personnel qui resterait en place; la disparition pure et simple de certaines fonctions au siège central, etc. "Delhaize a proposé plusieurs mesures, clairement chiffrées en termes de pertes ou de sauvetage d’emplois, confirme Myriam Delmée, vice-présidente au Setca. Mais, quand on me dit ‘700 emplois pourraient être économisés ici’, j’ai du mal à comprendre. Est-ce à dire qu’il y a 700 personnes oisives chez Delhaize pour l’instant ? Car le volume de travail restera identique."

Plus encore que les mesures, c’est la philosophie même du plan qui interpelle les syndicats : "Le groupe évoque quelque 450 millions d’investissements, dont la moitié sera dédicacée à une nouvelle baisse des prix en magasins, ajoute Myriam Delmée. Mais cette enveloppe, c’est sur le personnel qu’elle sera dégagée (salaires, conditions, nombre d’emplois). C’est lui qui assumera cette diminution des prix."

Or, est-ce bien le rôle de l’enseigne au lion de rentrer dans une guerre des prix ? "Elle veut garder son ancrage qualité et fraîcheur; en est la preuve son nouveau slogan ‘Bien manger, bien acheter’, conclut Mme Delmée. Mais également renforcer sa stratégie de prix bas. C’est antinomique. Delhaize a participé il y a trois-quatre ans à cette guerre et cela ne lui a pas réussi. Elle n’en a pas les armes. D’autres font cela mieux qu’elle."