Tant les gouvernements fédéraux et wallons que les syndicats veulent voir clair dans le plan industriel annoncé par la direction de Caterpillar à Gosselies. Les ministres apporteront leur soutien aux représentants des travailleurs afin qu'ils obtiennent les éclaircissements souhaités. A l'issue d'une réunion organisée à la résidence du premier ministre, les uns et les autres n'ont pas caché leur inquiétude à l'égard d'un agenda caché de la direction qui préparerait la fin du site.

Le premier ministre a reçu jeudi pendant deux heures les représentants des travailleurs de Caterpillar à Gosselies en compagnie de la ministre fédérale de l'Emploi, Monica De Coninck, et des vice-présidents du gouvernement wallon, Jean-Claude Marcourt, Jean-Marc Nollet et André Antoine.

"Comme eux, nous sommes dubitatifs sur ce plan industriel. Comment assurer la pérennité de Caterpillar à Gosselies avec une telle restructuration? " s'est demandé M. Marcourt espérant voir dans ce plan autre chose que la "chronique d'une mort annoncée".

Les syndicats ont informé les ministres présents de la situation de l'entreprise et des travailleurs. Ils ne se bercent toutefois pas d'illusions sur la marge de manoeuvre du pouvoir politique dans ce genre de dossier.

"Aujourd'hui, M. Di Rupo a un maximum d'informations mais il ne faut pas être naïf: on connaît la limite du politique dans ce genre de situation", a soupiré Antonio Cocciolo, président de la FGTB Métal Hainaut-Namur.

Le 7 mars, aura lieu le premier conseil d'entreprise dans le cadre de la loi Renault. Les syndicats pourront poser leurs questions à la direction de l'entreprise.

"La direction nous dit qu'avec le plan, ils vont tenir la route pendant des années. Je n'en suis pas convaincu. Je suis syndicaliste, pas dirigeant d'entreprise, mais l'expérience que j'ai acquise me montre que ce plan ne tient pas la route", a ajouté M. Cocciolo.