Dans la dernière facture du client de Belgacom reçue fin décembre, c’est écrit en tout petit : les prix vont augmenter à partir du 1er février 2013. Tous les tarifs à la hausse, sauf les trois nouveaux "Packs Belgacom Internet Partout" lancés en avril dernier.

Les augmentations ne sont pas négligeables : +2,07 euros pour l’Internet fixe, +1 euro pour le décodeur, +0,34 euro pour la ligne fixe. Les tarifs Proximus (téléphonie mobile) restent, eux, inchangés. La tendance de fond, avec une hausse du fixe (où la concurrence est nettement plus limitée) et une baisse ou un statu quo du mobile où les clients sont nettement plus mouvants, reste donc de mise.

En fait, cette hausse avait été annoncée dans un communiqué fin octobre intitulé "des tarifs transparents et encore plus simples". Mais va-t-on vraiment vers plus de transparence ?

En n’augmentant pas les nouveaux "packs", Belgacom cherche avant tout à orienter le choix de ses clients vers ses toutes dernières offres combinées. Cela s’inscrit dans sa "stratégie de convergence", explique Haroun Fenaux, porte-parole. Une stratégie visiblement payante puisque Belgacom affiche 1,2 million de clients "packs". "On encourage nos clients à souscrire à des packs plus simples", poursuit-il. Et puis, les clients qui ont les anciens packs "peuvent migrer vers les nouveaux sans aucun frais", assure-t-il. Il suffit de faire appel au service clientèle de Belgacom.

En revanche, les prix de certains produits sont quand même augmentés car la "structure des coûts doit être adaptée", explique Haroun Fenaux. Qui cite notamment l’indexation des salaires et le renchérissement des prix de l’énergie. Combien de clients sont touchés par cette hausse des prix ? Belgacom ne donne pas de chiffre. "C’est une information concurrentielle qui n’est pas communiquée", souligne encore Haroun Fenaux. Mais, même si les trois nouveaux packs connaissent un vif succès, ils devraient quand même être nombreux à voir leur facture augmenter.

Telenet, principal concurrent de Belgacom en Flandre, a aussi décidé d’augmenter ses tarifs à partir du 3 février. La hausse est en moyenne de 2,9%, à l’exception de certaines offres très spécifiques.

Chez VOO, on se montre très discret, "pour des raisons tout simplement concurrentielles", nous explique une porte-parole. "Nos annonces se font via nos abonnés et notre politique est de servir notre clientèle de la manière la plus adaptée possible, avec le prix qui soit le plus adapté et le plus concurrentiel possible." On affirme donner une "importance cruciale" à fournir une offre "simple et la plus compréhensible possible pour le client". Le câblo-opérateur s’apprête également à se lancer dans la téléphonie mobile.

Test-Achats décrie ce type de hausses depuis longtemps. "Belgacom est coutumière de l’indexation de ses tarifs", estime David Wiame, expert du secteur télécoms chez Test-Achats. Et de citer l’exemple de la redevance mensuelle qui est passée en quelques années de 16 à près de 20 euros. "Dans un environnement concurrentiel, l’opérateur ne pourrait pas se permettre de telles augmentations. Cela renvoie au problème de concurrence, notamment sur le marché des packs où le client a le choix entre Belgacom et les câblo-opérateurs" (Telenet en Flandre, VOO en Wallonie et Numericable et VOO à Bruxelles), souligne encore David Wiame.

Il se demande aussi pourquoi cette hausse intervient début février et pas au 1er janvier. "Peut-être pour sortir de l’impact médiatique du 1er janvier".

L’expert note néanmoins certaines évolutions positives induites par l’entrée en vigueur de la nouvelle loi télécoms depuis le 1er octobre 2012. Exemples : le client peut quitter gratuitement son opérateur (alors qu’avant, il était bloqué en cas de hausse liée à l’indexation) ou l’obligation d’informer le client un mois à l’avance en cas de changement de prix.

Conclusion de l’expert : "Il n’y a pas une guerre au niveau des prix mais au niveau du contenu."