Un rapport consacré à l’Europe souligne les progrès des "jeunes pousses" belges.

Omar Mohout, "Growth engineer" au Sirris (Centre collectif de l’industrie technologique) et professeur en entrepreneuriat à l’Antwerp Management School, fait régulièrement le point sur la vie des start-up technologiques belges et européennes. Son dernier rapport, "Euopean Scale Up", dresse le tableau des investissements de plus de 750 000 euros engrangés, en 2016, par les "jeunes pousses" à forte croissance, aussi baptisées "scale-up".

Même si les acteurs belges sont loin de rivaliser avec leurs homologues européens, on trouve malgré tout plusieurs raisons de se réjouir et, peut-être, d’espérer un début de tendance vers une croissance plus prononcée de certaines de nos start-up.

Louvain se distingue

C’est ainsi qu’Omar Mohout relève qu’en termes de nombre d’opérations financières (levées de fonds), la Belgique, avec un score de 67, "joue dans une cour qui dépasse son poids économique", à quasi-égalité avec l’Espagne (voir notre infographie). Et ce, même si le fossé est encore grand avec des pays tels que la France, en forte progression (350), le Royaume-Uni (346) ou l’Allemagne (203).

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© IPM graphics

Ayant démarré plus tard que dans d’autres pays, le phénomène belge des "start-up/scale-up" doit encore prendre de l’ampleur. Toutefois, même si l’effet de masse fait encore défaut, certaines prestations isolées parviennent à hisser le nom de la Belgique dans le tableau final.

Ainsi, au chapitre des "institutions donnant naissance au plus grand nombre de spin-offs", on constate que la KULeuven et l’Imec (Institut de microélectronique et composants, basé à Louvain) occupent les 4e et 5e positions, uniquement devancés par l’Université de Cambridge, l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne et l’Imperial College de Londres. Et notre pays est considéré comme proportionnellement plus performant que la moyenne dans des domaines technologiques sujets à brevets (du genre e-santé, sciences du vivant, science des matériaux, robotique, nanotechnologies,…).

L’emploi ne suit pas encore

L’Imec apparaît une deuxième fois dans le rapport "European Scale Up", cette fois au chapitre des "accélérateurs". L’institut louvaniste se classe même deuxième, en Europe, en termes de nombre de scale-up financées dans le courant 2016. Il devance un peloton de noms prestigieux tels que Seedcamp (Royaume-Uni), Microsoft Accelerator, Y Combinator, Techstars (Etats-Unis/Royaume-Uni), TheFamily et Le Hub Bpifrance (France), et le Startupbootcamp (présent dans divers pays). On retrouve même la Belgique en tête de classement dans la catégorie "transaction qui a réuni le plus grand nombre de grandes sociétés". Cette opération de financement se situe dans le secteur financier où Proximus, Orange, Telenet, Belfius, BNP Paribas Fortis, KBC et ING ont fait bloc pour lancer l’initiative Belgian Mobile Wallet.

Omar Mohout souligne encore que 22 sociétés technologiques ont effectué une entrée en Bourse (Ipo) en 2016. L’une d’elles est belge : il s’agit de la plate-forme multimédia Moovly, cotée au TSX Venture Exchange canadien. Les sociétés suédoises font un réel tabac, avec pas moins de 7 Ipo sur 22.

La Belgique se classe, enfin, nettement moins bien au regard du nombre d’emplois créés par scale-up, avec une moyenne de 27 (seule l’Italie fait moins bien). Le milieu du peloton se situe entre 36 et 46. Le leader incontesté est le Danemark, avec une moyenne de… 143 employés par scale-up !