En plein confinement dû à l'épidémie de coronavirus, plus aucune voiture ou presque ne circule dans la capitale. Et ce sont les vélos partagés de Billy qui en profitent.

Les rues et les plus grandes avenues bruxelloises sont vidées de leurs automobilistes et, à en croire l’entreprise de vélos partagés Billy, ce sont les cyclistes qui en profitent. “Ce week-end nous avons réalisé l’une de nos meilleures journées”, se réjouit Pierre de Schaetzen, CEO et fondateur de l’entreprise belge.

Bien que le nombre total de déplacements à Bruxelles a chuté de plus de 70%, l'utilisation des Billy a doublé depuis le début du confinement. “Comparé aux mois précédents, nous observons une augmentation de 100% de l'utilisation de nos 600 vélos ainsi que du nombre d'inscriptions au service”, explique le CEO.

Une prise de risque

Alors que ces principaux concurrents comme Jump ou Uber ont décidé de fermer à l’annonce du confinement, Billy a maintenu ses activités. “Nous sommes récompensés de notre prise de risque”, sourit le fondateur de Billy, qui compte 10 équivalents temps pleins et une trentaine d’étudiants à sa charge.

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette augmentation exponentielle. La peur de prendre les transports en commun pour des raisons sanitaires tout d’abord mais aussi la diminution du nombre de voitures dans la capitale “qui rend Bruxelles plus agréable et plus sûre” aux yeux de ses habitants. “On constate même que des automobilistes utilisent également le vélo en ce moment”, analyse Pierre de Schaetzen. “Beaucoup de personnes découvrent le vélo comme mode de déplacement à Bruxelles.”

Deux utilisations se distinguent, en journée et en soirée. Dans le premier cas, l’entreprise constate une forte concentration des réservations autour des hôpitaux et des supermarchés. En soirée et le week-end, les Bruxellois utilisent surtout Billy pour faire de longues balades dans la Forêt de Soignes ou le long du Canal.

Dans la capitale, en temps normal, plus de la moitié des trajets de moins de 5 kilomètres est fait en voiture. La start-up belge voit dans cette situation inédite “une véritable opportunité de changer nos habitudes et de transformer la mobilité.”

L'après-confinement

L’après confinement sera un défi pour la start-up qui souhaite maintenir cette dynamique. “Il a déjà été évoqué que les transports en commun devaient être réservés aux personnes qui en ont le plus besoin”, déclare Pierre de Schaetzen. “Je crois aussi que le Bruxellois évitera à tout prix la proximité physique des transports en commun mais c’est une occasion unique qui se présente à nous.”

Le gouvernement bruxellois annoncera d’ailleurs cette semaine une série de mesures drastiques en termes de mobilité post-confinement alors que des communes avaient déjà annoncé l’instauration de zones piétonnes et résidentielles afin qu’une distanciation sociale soit possible. "Ce sont des mesures qui nous ont été favorables mais nous savons aussi que les mesures qui seront prises par la Région seront temporaires", poursuit le CEO. "Ce qui peut être durable par contre, c'est l'utilisation du vélo par les Bruxellois", conclut-il.