Ce n'est plus un secret pour personne : il y a une convergence de plus en plus importante entre téléphonie fixe, téléphonie mobile et Internet. Il suffit de penser au succès de la téléphonie sur Internet ou de l'Internet sur GSM, par exemple. Cette évolution technologique a désormais des conséquences sur l'organisation de Belgacom, qui a une nouvelle fois choisi de se transformer pour "se concentrer sur la convergence et les besoins de ses clients" (LLB du 15/12).

Concrètement, cela veut dire que l'opérateur ne sera plus organisé en fonction des technologies qu'il propose, mais en fonction du profil de ses clients, sur base d'une structure plus transversale. Il y aura ainsi une "business unit" clients résidentiels, placée sous la responsabilité du patron de Proximus, Michel Georgis, une "business unit" clients professionnels, gérée par Bridget Cosgrave, et une "business unit" réseau et informatique, sous la direction de Scott Alcott. L'objectif est de faire en sorte qu'un même client ne soit pas sollicité successivement par Proximus, Belgacom, Telindus et Skynet - toutes des filiales du groupe - mais qu'il dispose d'un interlocuteur unique. Il faut dire que les concurrents de Belgacom sont de plus en plus nombreux à proposer des offres groupées qui rassemblent téléphonie fixe, mobile et Internet.

Pas de licenciements

Le processus, initié par Belgacom en septembre dernier, a aussi un objectif de réduction des coûts puisqu'il vise à rassembler les activités de support des différentes filiales (les services juridiques, les services financiers, les ressources humaines, ou les centres d'appel, par exemple), même si l'opérateur précise que les modalités précises de ces rapprochements, qui devraient toucher 2 500 personnes, ne sont pas encore définies.

Le patron de Belgacom, Didier Bellens, aurait promis aux syndicats qu'il n'y aurait aucun licenciement. Il n'empêche : le personnel devrait une nouvelle fois être confronté à un sacré chambardement, comme il en a déjà vécu à plusieurs reprises au cours de ces dernières années.

Ce n'est pas non plus parce qu'il n'y aura pas de licenciements qu'il n'y aura pas de suppression de postes. Une série de départs naturels ne devraient ainsi pas être remplacés, tandis qu'on reparle de nouveaux programmes de mobilité externe. Ceux-ci offrent aux employés statutaires de l'opérateur la possibilité de rejoindre une administration publique. "Il devrait y avoir des projets avec le ministère de la Justice et celui des Finances", précise Thierry Bouckaert, le porte-parole de Belgacom, qui ajoute que ces départs se feront sur base volontaire.

"La CSC-Transcom tient à réaffirmer qu'elle n'acceptera aucun plan de restructuration débouchant sur de nouvelles pertes d'emplois, dans une entreprise qui continue à afficher une santé financière insolente", a prévenu le syndicat chrétien.

© La Libre Belgique 2006