Deux palettes de caisses en carton stationnent ce jour-là dans le rayon vin d’un supermarché Delhaize du Brabant wallon. Sur les caisses, on peut lire Louis Delder, la marque de champagne du distributeur affichée à 9,99 €. Deux palettes en attente, c’est dire la demande. C’est sûr, la guéguerre des prix du champagne n’a pas fini de faire parler d’elle à l’aube des fêtes de fin d’année qui sont aussi le plus grand moment de vente. La lutte est rude entre champagnes et mousseux également. Qui va gagner ?

Petit retour en arrière. Mi-novembre, Carrefour proposait trois champagnes (Charles Vincent, Léo Deviroy et Luc Darot) à 9,99 € pendant quelques jours dans ses hypermarchés. Même chose chez Delhaize (Delder donc) et chez Colruyt (2 références). "Le volume prévu pour l’action a été écoulé", précise-t-on chez Carrefour (qui a dans son assortiment habituel un premier prix à 11,49 €). Vu son succès, l’action va-t-elle être reconduite ? Officiellement, la réponse est non. On parle seulement, comme chez les autres distributeurs, de promotions régulières sur les champagnes et mousseux en décembre. Sur les vins en général d’ailleurs. Chez Colruyt, les ventes à moins de 10 € se passent bien. Un champagne à moins de 9 € fait même son apparition, à 8,75 € très précisément. Où va-t-on s’arrêter ?

De façon générale, cependant, les chiffres AC Nielsen des ventes en Belgique (la grande distribution hors Cora et Makro) font état d’une diminution. De 1,83 % en volume pour les vins non effervescents sur les 12 derniers mois. De 5,2 % pour les champagnes (entre le 1er janvier et le 8 novembre). Pour une hausse de 21,2 % dans le clan des mousseux qui, la crise aidant, tirent bien leur épingle du jeu. Et un total champagne-mousseux en hausse de 16,3 %. Delhaize, pour sa part, avance un +0,9 % pour ses ventes de champagne, +25,4 % pour les mousseux et un total à +18,6 %. "Nous avons 42 % en parts de marché en volume en matière de champagne et mousseux (avec 192 références), et en novembre et décembre, nous montons même à 50 % en champagne", explique Alain Pardoms, acheteur vin.

En matière de mousseux, les produits en provenance de France et d’Allemagne régressent tandis que le Luxembourg, mais surtout l’Italie (et le prosecco) progressent. Quant à l’Espagne, elle crève carrément les plafonds grâce à son cava, le mousseux qui n’en finit pas de monter. "On va dépasser le 1,6 million de bouteilles vendues cette année", ajoute Alain Pardoms. Pour un total des ventes en Belgique que les professionnels prévoient à plus de 10 millions en 2009. De quoi dépasser les expéditions de champagne qui s’établissaient l’an dernier à 9,9 millions de bouteilles ! Le gros des ventes de cava est le fait du nord du pays, soulignent les distributeurs. "C’est un produit qui est "in"", renchérit Jean-Pierre Roelands, directeur commercial de Colruyt. "On voit même apparaître des "cava bars" dans certains événements."

Si, d’un côté, on assiste à une baisse des prix du champagne, de l’autre côté, on voit aussi certains mousseux dont le prix est assez haut. À l’instar du Codorniu Gran Plus Ultra à 12,49 € chez Delhaize. On n’a pas fini de parler du match champagne-mousseux Une chose est certaine, résume Jean-Pierre Roelands : "Il faudrait vraiment mal choisir pour faire de mauvaises affaires actuellement."