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Charles Michel a été le premier à annoncer au monde entier qu'un accord avait été trouvé, ce lundi matin, entre la Grèce et ses créanciers en vue d'un 3e plan d'aide. LaLibre.be a interrogé le Premier ministre belge pour connaitre les coulisses de cette annonce qui n'a pas été directement confirmée par d'autres dirigeants. Interview.


Pourquoi avez-vous été le premier à tweeter qu'un accord avec été conclu ?

J'ai été fort impliqué toute la nuit. Peut-être que j'ai donc été le premier à comprendre qu'on avait un accord. Je pense que les autres avaient encore un petit doute sur le fait que ça allait fonctionner mais j'ai été le premier à comprendre que cette fois-ci on y était.

Vous n'aviez donc pas décidé, entre dirigeants, que la Belgique allait annoncer la nouvelle ?

Non, pas du tout. On était dans la rédaction des derniers points qui posaient des difficultés. La discussion était en train de se finaliser et j'ai tweeté dès que j'ai senti que c'était bon. Moi j'en étais certain parce que j'avais parlé avec beaucoup de monde tout au long de la nuit : Tsipras, Hollande, Merkel. Au moment où l'on allait recevoir la dernière version du texte, j'ai donc compris que c'était bon.

Les réunions en petit comité – surtout celle regroupant Hollande, Merkel, Tsipras et Tusk – ont été nécessaires pour parvenir à un accord ?

Celle-là a été utile, oui. Mais il y a eu énormément de contacts dans tous les sens, et pas que dans ce format-là. Il y a d'abord eu beaucoup de coordination "Benelux". J'ai parlé beaucoup avec Mark Rutte (Premier ministre des Pays-Bas), Xavier Bettel (Premier ministre du Luxembourg), François Hollande, Angela Merkel. Mais aussi beaucoup avec Matteo Renzi (président du Conseil des ministres italien).

Avez-vous dû beaucoup batailler pour faire céder Tsipras ?

Non, je n'ai pas dû batailler pour faire céder Tsipras aux exigences. Quand on est à une table à 19, il y en a 7-8 qui sont plus dynamiques, qui interviennent plus. J'étais dans ce groupe en essayant de rapprocher les points de vue, d'adoucir les positions, que chacun fasse des efforts. Renzi essayait aussi de défendre les points de vue de Tsipras. On était quelques-uns à avoir vraiment envie qu'il y ait une solution et ne pas permettre qu'une radicalité, d'un côté ou de l'autre, amène à l'accident.