Le Premier ministre Charles Michel (MR), le ministre de l'Emploi Kris Peeters (CD&V) et celui des Entreprises publiques Philippe De Backer (Open VLD) ont reçu lundi après-midi, à leur initiative, les syndicats de Proximus.

L'entreprise, qui l'a annoncé officiellement jeudi, a l'intention de restructurer ses activités et ses effectifs. Quelque 1900 emplois sont menacés.

"Les représentants du gouvernement nous ont dit qu'il s'agissait d'un plan de transformation et seulement d'une intention de supprimer ces postes. Ils nous ont rappelé leur opposition aux licenciements secs. Le gouvernement est prêt à soutenir les employés de Proximus. Nous voulions de leur part une garantie en ce sens", explique le président du SLFP Jean-Claude Philippon.

Charles Michel veut que les départs soient volontaires

Une source proche du gouvernement déclarait ceci au sortir de la réunion : "Le Premier ministre a bien dit au management de Proximus qu'il devait revoir sa copie au niveau du plan de transformation. Il est opposé aux licenciements secs et il souhaite que l'entreprise privilégie au maximum les départs volontaires, après formation, afin que ces personnes puissent idéalement être recasées au sein du groupe Proximus, dans l'entreprise même ou dans ses filiales".

Proximus veut réaliser dans les trois années à venir des économies de 240 millions d'euros. Les syndicats veulent que l'effort soit collectif et donc que les actionnaires soient aussi mis à contribution, via une baisse du dividende. La question a été posée au Premier ministre et aux deux membres du gouvernement en affaires courantes par Stéphane Daussaint, le responsable de la CSC Proximus.

"On nous a répondu qu'à choisir entre les emplois et les dividendes, ce sera les emplois. Mais le gouvernement ne s'est pas engagé devant nous à renoncer à une partie des dividendes de Proximus qu'il perçoit pour sauver des emplois", indique le permanent syndical.

L'actionnaire majoritaire est "ouvert aux discussions" sur les dividendes

Cette source gouvernementale tempère quelque peu ces dires rapportés par les représentants du personnel. "Nous n'avons reçu aucune demande de cet ordre de la part du management mais, comme actionnaire, le gouvernement est disponible, ouvert à un dialogue avec la direction de Proximus sur tous les sujets, y compris les dividendes. Si la direction soumet un plan crédible d'économies qui inclut une baisse des dividendes, le gouvernement l'examinera. Mais il y aura évidemment les actionnaires privés à respecter. Et, de plus, le secteur des télécoms ne garantit pas de stabilité en matière de dividendes."

L’Etat belge, qui détient 53,5% des actions de l'entreprise, perçoit pour l'année 2018 un peu plus de 260 millions d'euros de dividendes.

Philippe De Backer et la privatisation de Proximus : des déclarations "à titre personnel"

Quant aux déclarations, dimanche à la VRT, de Philippe De Backer qui s'est dit favorable à une privatisation de Proximus, le ministre de tutelle a rectifié le tir devant les syndicats. Il a précisé cette déclaration a été faite "à titre personnel" et non pas au nom du gouvernement. "Nous lui avons dit que c'était très mal venu de remettre cette idée de privatisation sur la table au moment où on annonce autant de licenciements", souligne Stéphane Daussaint.

La première réunion d'information et de consultation entre la direction et les syndicats de Proximus qui devait avoir lieu mardi est postposée, a priori à jeudi pour cause de grève générale de 24h au sein de l'entreprise. Les représentants du personnel préfèrent en effet "être aux côtés des travailleurs en grève plutôt qu'en discussions avec la direction".

Proximus confirme l'action de grève

Le porte-parole de Proximus a confirmé qu'une intention de grève est prévue pour ce mardi 15 janvier. Il annonce aussi que "la direction comprend parfaitement que le plan de transformation annoncé crée de l'incertitude pour les employés et s'engage à réaliser cette transformation de manière responsable et respectueuse", avant de conclure que l'entreprise veut trouver des solutions avec les partenaires sociaux pour écourter au maximum la période d'incertitude.