Le consultant Marcel Genet (Laplace Conseil), mandaté par la Région wallonne via la Sogepa pour réfléchir sur l’avenir de la sidérurgie wallonne ("LLB" du 29/09), a présenté mercredi les résultats de ses rencontres et analyses aux syndicats. Et d’après lui, contrairement au pessimisme ambiant, l’acier wallon a encore de beaux jours devant lui, mais à condition que les pouvoirs publics et les industriels travaillent de concert et misent sur les nouvelles technologies. "La sidérurgie wallonne a encore de l’avenir, le problème est qu’il n’y a pas assez de gens qui y croient. Le secteur est extrêmement important et structurant pour l’économie wallonne. La Wallonie a su mieux préserver son industrie et son aval (transformation d’acier) que ses voisins (Allemagne, France, Italie, Pays-Bas, etc). La sidérurgie wallonne a des atouts, notamment en matière de compétences (performance des usines de froid à Liège ou de Carinox à Charleroi), de savoir-faire et de capacité d’adaptation. Le partenariat efficace entre public et privé est aussi un élément positif", nous a-t-il confié.

Il reconnaît que l’acier wallon a des handicaps, notamment à Liège où l’éclatement des installations (fonte à Ougrée, aciérie à Chertal, le froid à Tilleur, Flémalle, etc) entraîne une mauvaise valorisation de l’énergie (gaz) qui résulte des processus de fabrication de l’acier. La solution ? "Il faut concentrer la production de la fonte (c’est-à-dire toute la phase à chaud) sur le site de Chertal, un projet à envisager pour le long terme (2015-2020). On peut aussi commencer à réfléchir sur les moyens techniques et financiers à mettre en œuvre pour corriger le handicap énergétique (mise en place de tuyaux de transport de l’énergie). Nous recommandons également aux pouvoirs publics de lancer une imitative forte axée sur le développement de nouvelles technologies en partenariat avec les industriels (cimentiers, etc) pour la récupération du CO2 résultant de la fabrication de l’acier", dit-il, précisant que la problématique est la même dans le Hainaut.

D’après lui, le projet nécessitera quelques centaines de millions d’euros d’investissements, mais "il est potentiellement rentable si les promesses technologiques se confirment". D’après Marcel Genet, Liégeois aujourd’hui installé à Paris où il a fondé le bureau Laplace Conseil, la stratégie d’ArcelorMittal concernant Liège est "sensée et il faut la respecter". Il rappelle que le groupe se concentre d’abord sur le développement du froid et mise sur les centres de recherche liégeois (CRM, etc). La filière à chaud devrait suivre, car ses outils (hauts-fourneaux, etc) sont performants. Ces conclusions conforteront les dirigeants de Cockerill Sambre à Liège, qui présenteront vendredi à Geert Van Poelvoorde (patron du secteur plat carbone d’ArcelorMittal pour l’Europe du nord, dont dépend Cockerill) l’étude visant à relancer le haut-fourneau B d’Ougrée et ce, ave des gains de productivité à la clé.

D’après les syndicats, le bureau Laplace a réalisé un très bon travail. Reste à voir l’accueil que lui réserveront les politiques.