Coté à Bruxelles et composant de l’indice Dow Jones des 30 industrielles, le numéro deux américain des compagnies pétrolières et numéro quatre du monde occidental après Exxon Mobil, BP et Royal Dutch Shell a récemment monté à Wall Street, grâce à la hausse de prix du pétrole. Celui-ci est poussé vers le haut par la rigueur de l’hiver dans les pays industrialisés, et par l’effritement du dollar.

Chevron, l’ancienne Standard Oil of California qui a absorbé Texaco, aborde ainsi 2010 sous de meilleurs auspices après avoir connu un exercice 2009 franchement décevant. On en aura une vue précise dès ce lundi, où seront communiqués les résultats du quatrième trimestre et de l’année écoulée tout entière. Le même jour, Alcoa aussi dévoilera ses comptes annuels. Jusqu’à présent, cette société était la seule à le faire si rapidement. Après un exercice 2007 fort positif, le bénéfice net par action étant passé de 5,79 à 8,63 dollars, Chevron avait vigoureusement poursuivi sur sa lancée, grimpant en 2008 de 8,63 à 11,38 dollars, sur un chiffre d’affaires en progrès de 24 pc. La société avait pourtant été affectée par les ouragans du golfe du Mexique. Mais les marges de raffinage ayant été bien rémunératrices aux Etats-Unis, et les ventes ayant augmenté grâce à la baisse des prix, le secteur de l’aval (raffinage, transport et commercialisation) a vu ses revenus décupler. La société terminait ainsi une période de vaches grasses qui avait vu son cours passer de 32 dollars en 2003 à 105 dollars en mai 2008. Aujourd’hui, on en est à environ 80 dollars. C’est dû en partie à l’anticipation d’un exercice 2009 peu amène.

Le consensus des analystes s’attend à l’annonce lundi d’un bénéfice net par action de 5,02 contre 11,38 dollars. C’est que les marges de raffinage sont revenues en arrière et que le secteur de l’amont (exploration-production) a été handicapé par un effet de change. Quant à la pétrochimie, elle est restée hésitante. Grâce notamment au rebond des prix pétroliers, les analystes prévoient pour 2010 un bénéfice net par action de 7,95 contre 5,02 dollars. Dix d’entre eux sur 17 proposent d’acheter la valeur, 1 d’en renforcer les positions et 6 de les conserver. Aucun ne parle de réduire, ni de vendre. Le rating du Crédit Suisse est passé de "neutre" à "surperformance" et son objectif de cours de 70 à 80 dollars. Barclays Capital conseille, lui, de surpondérer la valeur, et, plus généreux, a remonté son objectif de 96 à 99 dollars.