ENTRETIEN

Gilles Roudy, le directeur exécutif de Carrefour Belgium est l'invité, mardi matin, des «Petits Déjeuners Financiers», organisés à la Bourse de Bruxelles par Robert Half, «La Libre Entreprise» et le «Tijd». Hasard du calendrier, le patron français, qui a pris les rênes du n°1 belge de la distribution en septembre 2004, vient d'être promu par le groupe français. Le 15 avril, il prendra la direction des «Autres pays d'Europe» (Pologne, Roumanie, Grèce, Suisse et Turquie) et sera remplacé à la «Tour d'Evere» par son compatriote Marc Oursin, l'actuel patron de Carrefour Taiwan.

Le chiffre d'affaires de Carrefour Belgium a stagné en 2005 (+0,5 pc) à 5,29 milliards d'euros. Une année en demi-teinte?

Globalement, 2005 n'a pas été une mauvaise année. Il faut la replacer dans un contexte de morosité: le pouvoir d'achat des consommateurs a été largement entamé par la hausse des prix du pétrole et les différentes restructurations ont pesé sur le budget des ménages. Résultat: les clients se sont recentrés sur les achats de type «premiers prix» qui ont fait baisser le chiffre d'affaires des magasins. Parallèlement à cela, on a une baisse des prix des produits de 7 pc par an dans le non-alimentaire. Dans le domaine technologique, les produits, de plus en plus sophistiqués, sont commercialisés à des prix de plus en plus bas. Un exemple: un téléviseur LCD était deux fois plus cher il y a un an qu'aujourd'hui.

Vous avez gagné ou perdu des parts de marché l'an dernier?

Nous en avons perdu car nous n'avons pas beaucoup grandi en termes de surface de vente, contrairement à nos concurrents. Nous ne sommes pas inquiets car en surface de vente constante, on n'en a perdu que très peu. Pour moi, le plus important c'est que l'on regagne des clients: le nombre de tickets de caisse a augmenté de 1pc en 2004 et de 0,7 pc en 2005.

La rentabilité de Carrefour Belgium est-elle conforme aux standards du groupe?

Notre rentabilité s'est améliorée en 2005 par rapport à 2004 (NdlR: le résultat d'exploitation s'élevait alors à 22 millions). Le groupe ne communique plus les résultats par pays. Mais nous sommes en ligne, même légèrement en avance, par rapport au programme qui doit nous permettre d'entrer dans les standards du groupe.

Vos 78 supermarchés GB et 56 hypermarchés Carrefour sont-ils tous rentables?

Dire que l'on n'a pas de magasins qui vont moins bien serait vous mentir. Mais dans chacun de ceux-ci, des plans d'actions sont en cours.

Vous communiquez beaucoup sur les prix. Allez-vous poursuivre dans cette voie cette année?

Chez Carrefour, il n'y a pas que le prix! Il faut sortir de ce débat. Pour moi, le prix n'est pas la seule raison de la venue de nos clients dans nos magasins. Notre objectif est d'offrir le meilleur rapport qualité-prix. On a notamment développé une stratégie sur les produits frais qui est payante: dans ce domaine, on regagne des parts de marché. Idem dans les plats préparés à emporter (avec la gamme «So Fresh»), domaine dans lequel nous étions en retard par rapport à Delhaize. Reste que dynamiser le marché avec des grandes opérations commerciales est notre raison d'être et c'est ce que nos clients attendent. Nous allons donc continuer à le faire.

Carrefour s'est lancé dans la téléphonie mobile. Ça marche?

Nous avons réalisé plus du double de nos prévisions. Nous comptons quelque 7000 clients.

Comptez-vous lancer d'autres services (voyages, assurances, billets de spectacles, essence) comme en France?

Nous n'avons pas d'autres projets pour l'instant.

Etes-vous en contact avec La Poste pour installer des Points Poste dans vos magasins?

Oui, nous sommes en pourparlers. Il y en aura dans nos points de vente.

Vous n'avez toujours pas de projet de supermarché sur Internet?

Nous sommes très attentifs à ce qui se passe en France mais nous n'avons pas de projet concret.

© La Libre Belgique 2006