"L a Libre" le révélait vendredi : 20 tonnes de cuivre ont été volées récemment sur le site sidérurgique de Chertal, propriété d’ArcelorMittal. L’usine liégeoise, à l’arrêt depuis plus de deux ans, ne bénéficiait pas d’une surveillance digne de ce nom. Les voleurs avaient pu s’y introduire à plusieurs reprises et en toute impunité pour emporter des barres de cuivre brut et dénuder des câbles électriques industriels pour en extraire le précieux métal.

Suite à la découverte de ce forfait et à la plainte déposée par ArcelorMittal, le peloton anti-banditisme de Liège a organisé une planque dans l’usine, tablant sur un retour des voleurs. La nuit de jeudi à vendredi, les policiers ont pris sur le fait cinq ressortissants roumains qui s’étaient introduits à Chertal par un trou dans le grillage le long du chemin de halage. Ces hommes, déférés vendredi au parquet de Liège, nient les faits de vol. Des perquisitions devaient avoir lieu le même jour afin de mettre la main sur les tonnes de cuivre volées.

De source syndicale (ArcelorMittal se refusant à tout commentaire), on apprend que le groupe sidérurgique va procéder à des mesures techniques pour fermer tous les accès stratégiques du site. Le préjudice subi par ArcelorMittal est important. Dans le préaccord industriel signé le 30 septembre, le groupe s’est engagé à prendre "toutes les mesures techniques pour protéger les installations lors de la mise sous cocon". Va-t-elle alors investir pour remettre les cinq ponts roulants dépouillés de leurs câbles électriques en état (on évoque au bas mot 1,5 million d’euros pour ce faire) en vue d’une éventuelle relance de l’outil ? "On en fera un combat syndical en tout cas. Ce serait un signal fort qui permettrait de garder espoir pour l’avenir", déclare un représentant du personnel.