A Bujumbura

Philippe Vander Putten a présenté lundi son bilan de 100 jours à la tête de Brussels Airlines (b.air), née de la fusion entre SN Brussels Airlines et Virgin Express. Longtemps attendu sur la question, il a profité du vol inaugural de la liaison Bruxelles-Bujumbura - la seule directe - (lire ci-contre) pour faire sa sortie. Sans langue de bois. "Je mentirais en disant que tout est rose. Nous sommes au bout du long chemin de l'intégration des départements. Il reste encore celui des opérations où 75 pc du travail sont faits. Nous devons encore trouver un accord avec les pilotes notamment sur la fusion des AOC (licence de vol octroyée à une compagnie)", a-t-il indiqué.

La fusion des deux licences (SNBA, Virgin Express) en une seule débouchera sur l'élaboration d'une liste commune de séniorité aux pilotes des deux compagnies. La liste règle le parcours des pilotes et leurs perspectives de carrière au sein d'une compagnie, elle a aussi des incidences sur leur rémunération et leur productivité. A cet effet, les dirigeants de b.air ont trouvé un accord avec le personnel de cabine et au sol, mais ça coince au niveau des pilotes. "Ils organisent un référendum en ce moment et nous serons fixés le 2 mai", précise-t-il.

En attendant, après ses 100 jours, Philippe Vander Putten note qu'un nouveau produit est en place (b.light, proche des tarifs low cost et b.flex, jusqu'à 50 pc moins cher que la classe "affaires" avec des avantages en termes de flexibilité et de services à bord) et que le modèle est opérationnel, "malgré quelques ratés au début". Contrairement à ce qu'on pouvait craindre, la (nouvelle) compagnie dit n'avoir pas perdu de clients dans le cadre du rapprochement des deux partenaires. Pour l'avenir, il fixe cinq "priorités claires" visant à accroître la rentabilité de la compagnie.

Satisfaction du client. B. air entend défendre sa position face à la concurrence des low cost avec ses quelque 50 destinations européennes à bas prix (un aller simple à partir de 29 ou 49,99 €, taxes incluses). Elle met aussi en avant la fréquence de ses vols et sa performance au niveau de la ponctualité (89,4 pc des vols arrivés à temps en janvier 2007).

Vols long courrier vers l'Afrique. Philippe Vander Putten veut faire de b.air un acteur incontournable en matière de vols directs vers l'Afrique et participer à la création d'un réseau régional sur le continent.

Nouveau produit. "Il est trop tôt pour tirer un bilan (succès/échec) de b.light ou de b.flex, mais nous avons énormément d'échos et nous nous adapterons au fur et à mesure", dit-il. Car le prix et la flexibilité sont de plus en plus importants pour les passagers des vols intra-européens, loin devant le confort. D'ailleurs, les passagers business class ont chuté de 11 pc durant le premier trimestre 2007 par rapport à la même période en 2006. B. air dit avoir enregistré plus d'un million de réservations pour les 5 prochains mois et 28 pc des tickets sont vendus via le Net.

Réduction des coûts. B. air dit être pénalisée par la situation en Belgique. "Nous formulerons des demandes urgentes au prochain gouvernement notamment en ce qui concerne le coût de la sécurité sociale et la taxation élevée du personnel navigant. A défaut de solutions, b.air sera obligée d'opter pour d'autres alternatives. Nous ne sommes pas non plus contents des prix pratiqués par l'aéroport. Un mémorandum des compagnies aériennes est en cours de traduction".

La cinquième priorité du CEO Vander Putten est de réussir à créer une seule compagnie en dialoguant avec les syndicats. Il y a aussi le renouvellement de la flotte attendu pour 2011.

Pour lui, l'objectif principal est la rentabilité. En 2006, Brussels Airlines a transporté 5,4 millions de passagers et réalisé un profit opérationnel de 14,5 millions d'euros (soit une marge opérationnelle de 1,6 pc). La compagnie vise une marge de 5 pc en 2009 pour pouvoir octroyer un dividende aux actionnaires.

"Pour 2007, il ne faut pas s'attendre à de bonnes nouvelles en raison notamment du coût élevé du fuel", dit-il.