L’équipementier télécoms américain Cisco a annoncé mardi l’acquisition de son compatriote Starent Networks, spécialisé dans les technologies reliant les téléphones portables à Internet, pour 2,9 milliards de dollars, avec une prime de quelque 20 % sur le cours de clôture de lundi. Dans un communiqué, Cisco a précisé qu’il verserait 35 dollars par action Starent, dont le cours avait clôturé à 29,03 dollars lundi.

Le groupe, qui compte sur une finalisation de la transaction avant la fin juin 2010, a précisé qu’il faudrait attendre son exercice fiscal 2012 pour obtenir une retombée positive sur ses bénéfices. "L’Internet mobile est à un point clé alors que les téléphones multifonctions équipés d’Internet et les autres appareils portables connectés conquièrent un marché croissant", a souligné Cisco. C’est la deuxième grosse acquisition pour le groupe californien en moins d’un mois : le 1er octobre, il avait annoncé une offre d’achat amicale de 3 milliards de dollars sur le spécialiste norvégien de la vidéoconférence Tandberg.

Starent, une société basée dans le Massachusetts et créée en 2000, est cotée en Bourse depuis 2007. Elle compte un millier d’employés, pour un chiffre d’affaires de 254,1 millions de dollars en 2008 (en hausse de 74 % sur un an). "Cisco et Starent Networks partagent la même vision et apportent des technologies complémentaires visant à accélérer l’avènement de l’Internet mobile, où le réseau est la plateforme permettant aux fournisseurs de service de lancer, fournir et rentabiliser la prochaine génération d’applications et de services multimédias", a souligné un haut responsable de Cisco, Pankaj Patel, cité dans un communiqué. Il est précisé qu’après la fusion, Starent deviendra une nouvelle branche d’activité de Cisco consacrée à l’Internet mobile sous la direction de son directeur général actuel Ashraf Dahod, lui-même placé sous l’autorité de M. Patel.

Dans un marché en baisse, l’action Cisco se tenait bien en milieu de journée. Sur le site d’analyse financière 247WallSt.com, Douglas McIntyre estimait que cette transaction "pourrait être stratégiquement intelligente, parce qu’elle consolide la position de Cisco sur le marché des infrastructures sans fil". M. McIntyre jugeait toutefois cette acquisition chère payée, tout en soulignant que, vu son trésor de guerre, Cisco en a les moyens. Le groupe de San José avait 35 milliards de dollars de liquidités à la fin de son exercice 2009, clos le 25 juillet. (AFP)