Une union peu fréquente s'est formée ce jeudi. Carmeuse (fabricant de produits à base de chaux et minéraux, Engie (producteur d'énergie) et John Cockerill (entreprise d'ingénierie) s'associent pour développer un projet innovant de capture et d'utilisation du carbone ("CCU") en Wallonie.

Les trois entreprises ont annoncé la nouvelle via un communiqué commun. Ce projet entend réduire les émissions de carbone en transformant le CO2 généré lors du processus de production de la chaux en e-méthane, un gaz renouvelable qui peut être injecté dans le réseau de gaz ou utilisé dans les transports ou encore l'industrie.

"Le projet fera la démonstration à l'échelle industrielle d'un processus intégré unique en son genre, en augmentant et en combinant les technologies disponibles et les prototypes, tels qu'un nouveau type de four à chaux, l'un des plus grands électrolyseurs au monde (75 MW) et l'hydrogène vert", souligne le trio d'entreprises. "Ce projet, le plus grand de ce type au monde, ouvre de nouvelles voies pour une réduction significative des émissions de carbone en Europe et dans le monde", promet-il.

La mise en œuvre de ce projet permettrait en effet d'éviter plus de 900 000 tonnes d'émissions de CO2 au cours des dix premières années, selon Carmeuse, Engie et John Cockerill.

Un projet à 150 millions d'euros

Carmeuse sera responsable de la construction, de la mise en service et de l'exploitation du nouveau type de four à chaux, qui permet d'obtenir un flux de CO2 concentré. John Cockerill se chargera de la conception, de l'ingénierie, de la construction et de la mise en service d'une usine d'électrolyseurs (75 MW) sur un site d'Engie dans la région de Charleroi. Enfin, Engie sera propriétaire et exploitera l'usine d'électrolyse qui produira l'hydrogène vert. Storengy, filiale d'Engie, sera chargée de la construction et de l'exploitation du processus de méthanation.

Le coût d'investissement total du projet s'élève à plus de 150 millions d'euros. Un dossier de demande de financement dans le cadre du Fonds européen d'innovation et de l'IPCEI (Important Project of Common European Interest) a été soumis et, "sous réserve d'une issue favorable, la mise en œuvre du projet débuterait en 2022 pour être opérationnel en 2025", ajoutent les trois entreprises.