Les Bourses européennes étaient orientées à la baisse lundi, dans le sillage de l'Asie. La plupart des Bourses européennes ont terminé en baisse, les investisseurs peinant à trouver des raisons d'acheter dans un contexte économique déprimé, et malgré la perspective d'une baisse des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine cette semaine.

La morosité a été entretenue par la confirmation de la profonde crise du marché immobilier aux Etats-Unis, les ventes de logements neufs y ayant atteint en décembre leur plus bas depuis douze ans en décembre, et le prix des transactions reculant encore. L'Eurostoxx 50 a reculé de 0,52%.

A la Bourse suisse, le SMI a fini en nette baisse de 1,37% à 7581,73 points. Le cimentier Holcim a accusé la plus forte perte, baissant de 4,28% à 103 francs suisses, en raison de l'abaissement de l'objectif du cours du groupe et des recommandations des analystes qui s'en sont suivies.

Des rumeurs concernant la participation de fonds d'investissement du Qatar dans le Crédit suisse ont fait perdre au titre 1,00% à 59,35 francs suisses. Seul Julius Baer a grignoté 0,28% à 72,5 francs suisses.

A Londres, le Footsie-100 s'est replié de 1,36% à 5.788,90 points. Les pétrolières ont reculé, subissant le contrecoup d'une nouvelle baisse des cours du pétrole brut. Royal Dutch Shell a abandonné 1,50% à 1.776 pence, BP a perdu 1,30% à 531 pence, et Tullow Oil s'est replié de 1,96% à 549 pence. La plupart des minières ont cédé elles aussi du terrain sur des prises de bénéfices, en dépit d'un nouveau record du prix de l'or à plus de 925 dollars l'once: Antofagasta a lâché 3,76% à 627,50 pence, Anglo American 4,83% à 2.465 pence, Rio Tinto 3,13% à 4.549 pence et BHP 1,62% à 1.394 pence. Le groupe London Stock Exchange, qui gère les Bourses de Londres et de Milan, a en revanche pris 2,14% à 1.768 pence, bénéficiant de l'annonce d'un nouveau rapprochement en vue dans le secteur boursier, cette fois entre la Bourse de Chicago (groupe CME) et le marché de matières premières Nymex.

A Madrid, l'Ibex-35 a cédé 0,87% à 13.026,70 points. Le groupe immobilier Colonial, dans la tourmente depuis fin 2007, a enregistré la plus forte hausse de la séance (+13,99% à 1,63 euros), après une information du journal Negocio selon laquelle un consortium financier préparerait une offre sur le groupe espagnol. Parmi les poids lourds, Telefonica a perdu 1,22% à 19,41 euros, le pétrolier Repsol YPF a cédé 0,28% à 21,01 euros et la banque Santander a reculé de 0,83% à 11,99 euros.

A la Bourse de Paris, le CAC 40 a reculé de 0,61% à 4.848,30 points. Société Générale (-3,82% à 71,05 euros) a poursuivi sa dégringolade de la semaine précédente après deux études très pessimistes des banques Citigroup et WestLB, et alors que son intérêt spéculatif semble retomber. BNP Paribas (+0,27% à 65,19 euros) et Crédit Agricole (+0,39% à 20,34 euros) ont en revanche fini en hausse après avoir passé une bonne partie de la séance dans le rouge. Saint-Gobain (-1,55% à 51,41 euros) s'est retrouvé à son plus bas niveau depuis 2005, les analystes critiquant la prudence des prévisions du groupe de matériaux de construction. Lafarge (-4,97% à 106,84 euros) a fini lanterne rouge du CAC 40, Credit Suisse pointant son exposition au ralentissement économique y compris dans les pays émergents.

Sur la place de Lisbonne, le PSI-20 a perdu 0,30% à 11.088,32 points, entraîné par les banques BPI (-2,47% à 3,55 euros) et BCP (-2,40% à 2,03 euros).

A Francfort, le Dax a quasi stagné, prenant finalement 0,03% à 6.818,85 points et le MDax, a, lui, lâché 1,69% à 8.499,21 points. Seul un tiers du Dax a fini dans le vert. Munich Re a gagné 1,39% à 113,98 euros. Dans l'édition du week-end du quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, le patron du géant de la réassurance Nikolaus von Bomhard a clairement rejeté toute nouvelle implication dans la débâcle des prêts hypothécaires à risque américains. Le bancassureur Allianz a pris 1,78% à 123,78 euros, grâce à la rumeur circulant dans les salles des marchés qu'elle va vendre l'essentiel de sa division bancaire, la Dresdner Bank, touchée par la crise du "subprime". En revanche, la première banque allemande Deutsche Bank, qui n'a toujours pas donné d'indication sur son quatrième trimestre 2007 et vers qui tous les regards sont tournés, a lâché 0,30% à 76,67 euros.

A Milan, l'indice SP/Mib s'est redressé en fin de séance, gagnant 0,11% à 34.234 points. Fiat a poursuivi son rétablissement (+2,84% à 15,56 euros) après l'annonce jeudi de résultats annuels supérieurs aux prévisions. Citigroup a confirmé sa recommandation à achat mais abaissé son objectif de cours en raison d'une baisse de valorisation de ses concurrents. Les valeurs cycliques ont souffert des craintes de ralentissement de l'économie, les cimentiers Buzzi Unicem (-3,49% à 15,48 euros) et Italcementi (-4,60% à 13,53 euros) accusant particulièrement le coup.

A la Bourse d'Amsterdam, l'AEX a pris 0,14% à 439,32 points. Malgré la hausse de l'indice, quelques valeurs ont encore terminé largement dans le rouge: le groupe de distribution d'articles de bureau Corporate Express a perdu 3,22% à 3,91 euros, et la holding technologique ASML a baissé de 2,98% à 18,54 euros. A l'inverse, le groupe bancaire Fortis a progressé de 8,33% à 14,31 euros suite à un communiqué publié dimanche, où le groupe tente de rassurer le marché sur sa bonne santé financière.

A Bruxelles, le Bel-20 a gagné 0,83% à 3.663,79 points. L'action de la banque Fortis, qui avait plongé vendredi, a rebondi de 8,07% à 14,33 euros après avoir tenté de rassurer dimanche soir sur sa résistance à la crise du "subprime".