Reid Hoffman, sans doute un des entrepreneurs et investisseurs les plus inspirants (CEO chez LinkedIn, partner chez Greylock) déclare à ce propos : les 150 premières personnes que vous engagez, voilà ce qui va faire cartonner ou vivoter votre startup. Les entreprises qui deviennent de grands succès ont généralement en commun d’avoir porté une extrême attention à cette question.

En effet, au démarrage, les premiers collaborateurs sont le principal "ingrédient" avec lequel l’entreprise se construit.

Un fondateur débordé en démarrage va souvent considérer qu’il a mille autres choses à faire, et pourtant le recrutement des collaborateurs est une des tâches sur lesquelles on ne peut pas prendre de raccourcis.

Reid Hoffman considère ces premiers engagés comme des "co-fondateurs culturels": si la culture est bonne, ils vont avoir un effet multiplicateur, et permettre d’intégrer au mieux de futurs collaborateurs, qui auront également la bonne culture. C’est pourquoi il n’existe pas de raccourcis pour cette étape si cruciale.

Il existe aussi des raisons d’éviter à tout prix les mauvais engagements : Ces derniers ont une fâcheuse tendance à proliférer, à répandre un esprit négatif.

Par ailleurs, il est très difficile de redresser la culture quand l’entreprise est déjà en forte croissance. On pourra au mieux transformer une équipe "C" en équipe "B"... Mais en aucun cas une entreprise C ne deviendra une "A team", qui est pourtant la clé des hyper-succès.

On cite le témoignage de Aneel Bhusri, CEO & co-founder de Workday : il a veillé à interviewer personnellement chacun des … 500 premiers employés de la firme ! Cela a permis de cristalliser une base très forte de culture d’entreprise, et évoluer vers une entreprise de 8000+ employés, qui réalise 2 B$ de chiffres d’affaires.

Au passage, on remarque que la question s’est déplacée : ce n’est plus tant "qu’est-ce que l’équipe peut faire" mais "qu’est-ce qu’elle peut être".