Un texte de Roald Sieberath, multi-entrepreneur, coach de start-up et venture partner pour LeanSquare, professeur invité à l’UCL et à l’UNamur.


J’étais cette semaine au Venture Capital Summit organisé par la Kauffman Fellows (KF) à Tokyo. Cette organisation, à laquelle j’ai la chance d’appartenir, est dédiée au versant "investisseurs" de l’écosystème start-up. Elle regroupe plusieurs centaines de membres, venus d’une quarantaine de pays, et qui représentent une large palette d’investisseurs du monde entier. On y retrouve des firmes de VC (Venture Capital) qui sont des références du secteur, comme Sequoia ou Google Ventures, ou encore certains qui ont levé leur propre fonds de 100 millions de dollars.

Le credo de l’organisation souligne le rôle clé que jouent les VC dans l’émergence de l’innovation. À l’américaine, on y parle beaucoup de : succès, exits extraordinaires, licornes (valorisées à plus d’un milliard de dollars), etc.

Si on n’écoute que ce versant-là de la narration autour des start-up, on en viendrait à penser que tout est rose (ou doré) dans ce monde, ou encore qu’il ne pense qu’aux chiffres et à l’argent. Mais comme disait un fellow : "Money is just a convenient way to keep the score" ("L’argent est juste une façon commode de tenir le score de ce jeu").

Car ça reste vrai que financer l’innovation reste quelque chose de très inégal : des échecs assez nombreux, et puis de temps en temps un succès qui "rattrape" tout le reste.

Mais il ne faudrait pas tomber non plus dans les conversations du café du commerce, où "valeurs" ne devrait pas être opposé à "création de valeur" (économique).

Dans l’imaginaire populaire, le financier est (forcément) un monstre froid calculateur, tandis que pour le fondateur humain, accessible et authentique, et sa start-up qui a la noble ambition de changer la planète en mieux, il est normal qu’il "rame"…

Non ! Au contraire, ça doit et ça peut être compatible : il est possible de trouver un chemin respectueux de valeurs humaines, qui mène aussi à la réussite financière. À ce titre, on peut être rassuré sur l’importance des valeurs portées par KF : curiosité intellectuelle, gratitude, conscience de soi, empathie, humilité, qui sont mises en avant.

Et dans les conversations de couloirs, quand j’écoute les confrères et consœurs parler de leurs meilleurs deals, ce sont souvent avant tout de belles aventures humaines, au milieu des hauts et des bas d’une histoire entrepreneuriale, où ce sont les qualités de cœur bien davantage que les qualités techniques ou financières qui ont aidé à traverser les déserts, et aplanir les montagnes.

R.

roald@roald.com