Depuis mercredi, les clients de Colruyt trouvent en haut de leur ticket de caisse deux pourcentages révélant la différence de prix avec les magasins Carrefour et Delhaize du même coin pour un panier de prix reprenant environ 3 000 produits des marques nationales, des marques bon marché (N °1 chez Carrefour, 365 chez Delhaize et les articles "les moins chers dans leur catégorie" chez Colruyt) et des produits frais (viande, fruits et légumes). Sur Internet, on peut retrouver la différence avec un second panier de prix ne reprenant que les marques nationales.

Concrètement, comme l'explique Jean-Pierre Roelands, directeur commercial de Colruyt, "par magasin Colruyt, on vérifie un assortiment de ce qui est comparable aux produits des Carrefour et Delhaize du même quartier, en moyenne 3 000 articles". Exemple : un ticket du Colruyt de Schaerbeek (avenue de Roodebeek) daté du 6 juin sur lequel il est indiqué que 2 990 produits ont été comparés avec ceux, identiques, du Delhaize le plus proche, celui de Woluwe-St-Lambert, et 3 281 du Carrefour d'Evere. Résultat : respectivement 14,08 pc et 10,31 pc de différence. La même information, basée sur un comparatif de prix effectué le 2 juin, figurera sur tous les tickets du Colruyt en question pendant une semaine avant de faire place à d'autres renseignements. Colruyt compte renouveler l'expérience tous les mois, histoire d'"informer régulièrement le client d'une situation précise" .

"Pas une guerre des prix"

Sont donc visés les numéros 1 et 2 de la grande distribution en Belgique. "Nous ne cherchons pas à déchaîner une guerre des prix", déclare cependant Jean-Pierre Roelands, "c'est notre politique des prix que de toujours choisir le prix net, correct et transparent. Il est tout à fait normal d'informer le public sur les prix les moins chers".

Les réactions des concurrents ne se sont pas fait attendre. Chez Delhaize, on rappelle l'existence d'un indice des prix dont la méthode de comparaison a été certifiée en janvier dernier par le Crioc, le Centre de recherche et d'information des organisations de consommateurs. Un indice qui est en ligne avec la stratégie du groupe. "On certifie qu'il existe un écart de maximum 5 pc avec Colruyt, de 2 pc avec Carrefour et 0 pc avec GB", précise la porte-parole. "Chaque semaine, on visite 140 magasins, on compare 300 000 prix; on suit de près les prix et on garantit un prix juste. De plus, les clients bénéficient d'une réduction de 1 pc en moyenne en points lors de chaque visite. En outre, le prix est une chose, mais on travaille aussi sur la qualité du magasin, de l'offre et du service".

Et Delhaize de marteler qu'il ne compare que des choses comparables, "le prix d'une bouteille de soda de 2 litres avec une autre de 2 litres et pas une bouteille d'1,5 litre en recalculant le prix pour 2 litres. On ne peut pas comparer des formats différents. De même, quand on parle des produits les moins chers, on ne retrouve pas toujours la même qualité".

Chez Carrefour aussi, on s'interroge sur la méthodologie : "Colruyt relève les prix d'environ 3 000 produits sachant qu'un hypermarché Carrefour en reprend 18 000, que les prix comparés ne sont peut-être pas ceux des produits que le client a effectivement achetés et qui sont éventuellement moins chers chez nous. De plus, comment comparer les qualité, origine et calibre différents des produits frais ? Enfin, les prix ont été relevés le 2 juin alors que le client achète en temps réel et profite des prix du jour". Le dossier est pour l'heure entre les mains des juristes. Chez Colruyt, on estime agir en toute légalité.