Une cellule indépendante d’experts issus du monde académique et créée à l’initiative de Belfius Insurance s’est penchée sur l’épargne en Belgique en vue de formuler un cadre fiscal qui incite les Belges à épargner sur le long terme. Le Belge est, en effet, assez frileux et son épargne est avant tout dirigée vers des placements qui bénéficient de stimuli fiscaux et souvent vers des formes de placements à court terme. “Si l’on considère les défis actuels que sont la dette publique élevée, l’augmentation des coûts liés au vieillissement de la population et la relance de l’économie, une réorientation d’une partie de l’épargne vers le long terme est indispensable pour financer plus efficacement l’économie productive”, peut-on lire dans cette étude.

Concrètement

Que proposent concrètement ces experts ? Dans le cadre d’une neutralité budgétaire, il est, selon eux, nécessaire de réorienter l’épargne vers des objectifs à long terme. Aujourd’hui, il existe une série d’incitants fiscaux pour l’épargne (exonération fiscale sur les livrets d’épargne, déductibilité des primes d’assurance-vie ou d’épargne-pension, déductibilité des intérêts des prêts hypothécaires,…). Ces niches fiscales ont été créées au fil du temps, elles sont nombreuses et souvent peu rationnelles. Les experts proposent dès lors de revoir ces stimulants dans l’optique de favoriser l’épargne à long terme. La cellule a ainsi décomposé l’épargne en cinq paniers : l’épargne de précaution, l’investissement productif, le logement, l’épargne-pension et l’épargne de prévoyance. Elle propose, par exemple, de limiter l’avantage fiscal sur le compte d’épargne à 1000 euros et d’éviter le cumul auprès de plusieurs institutions financières. Elle soutient aussi la création, en contrepartie, d’un nouvel incitant sur les produits d’épargne à long terme à concurrence de 1000 euros.

Toucher à l’immobilier ?

L’avantage fiscal lié à l’habitation propre devrait être limité; l’habitation propre devenant le seul immeuble pouvant bénéficier d’un avantage fiscal. Ce qui semble logique mais risque de soulever pas mal de protestations. Par contre, les prêts avec mandats hypothécaires pourraient rentrer dans le cadre de ces déductions.

D’autres propositions sont aussi faites concernant les avantages fiscaux pour encourager les cotisations dans le deuxième pilier des pensions (assurances groupe et PLCI pour les indépendants) ou encore pour favoriser l’assurance hospitalisation ou dépendance. Ces propositions doivent s’envisager dans leur globalité et doivent encore faire l’objet de discussion avec les acteurs du monde économique et financier. Il s’agit de mesures qui seront nécessaires et qui doivent s’envisager dans un cadre plus large. Elles devraient permettre, selon ces experts, d’encourager à la fois une épargne pour la pension, pour la protection et un meilleur rendement pour le citoyen. Pour les entreprises, l’accès au capital à risque serait renforcé et le refinancement de l’économie réelle pourrait être accru grâce à une épargne à long terme plus stable.