En pleine crise de coronavirus, la question des conditions de travail et de la rémunération des travailleurs de grande distribution se pose.

Du côté de chez Colruyt, un protocole d'accord entre employeurs et délégués syndicaux a été élaboré. Reste à voir si le personnel le validera ou non.

Voici le contenu de la proposition:

Congés

- 30 minutes de congé par jour presté, quel que soit la durée de prestations de la journée, avec un maximum de 5 jours (36h) au bout de la période.

- Les périodes de vacances légales et extra-légales, les jours de récupération, les petits-chômages sont assimilés à de la prestation, pour autant qu’ils aient été demandés et validés avant le 9 mars. Le décompte se fera au bout de la période. Ces jours ainsi acquis peuvent être pris sous forme de congés ou être payés, au choix du travailleur.

Chèque repas

Les chèques repas sont augmentés de € 4, ce qui amène le montant facial à € 7,54.

Pour les travailleurs ayant déjà des chèques repas d’une valeur plus élevée, le montant supérieur à € 8 sera payé sous forme de bons « surprises » ( ex : les ouvriers du service technique ayant déjà des CR de € 6 auront € 2 dans les CR et € 2 en bons. Les travailleurs de Bioplanet ayant déjà des CR de 8 € recevront 4 € dans des bons).

Travailleurs étudiants

Les étudiants dans les magasins recevront quant à eux € 7,54 brut pour chaque jour presté (montant correspondant à la valeur faciale du CR), sachant qu’ils seront imposés, mais qu’ils ne cotisent pas les € 1,09.

Les travailleurs auront également des avantages en ce qui concerne les achats au sein de l'enseigne.

Un accueil mitigé

Du côté des travailleurs, l'accueil est plutôt mitigé, nous dit-on de source syndicale. Si les travailleurs sont bien conscients de la situation exceptionnelle et que Colruyt s'alignerait dans l'ensemble sur ce que les enseignes bien portantes du secteur font, ils auraient voulu un peu plus de garanties.

"Les travailleurs auraient voulu aller au-delà des bonnes intentions en ce qui concerne la sécurité des travailleurs, il faut des gestes concrets", nous dit Evelyne Zabus de la CNE.

"Des demandes n'ont également pas eu de réponse. Qu'en est-il pour les travailleurs à risques qui ne peuvent pas venir travailler ? (Par exemple asthmatiques ou personnes qui ont un souci de santé bénin en temps normal mais que le coronavirus tient à distance des magasins, qui sont sous prescription médicale, NdlR). Il faudrait un complément à cause de la perte salariale liée au chômage de force majeure", ajoute-t-elle.

De plus, aucune prime de risque n'a été mentionnée. La CNE redoute également que les effets d'annonce du gouvernement viennent perturber les négociations en entreprise. De plus, celles-ci ne concerneraient globalement que les revenus nets et donc uniquement les travailleurs qui peuvent encore venir travailler

Enfin, la syndicaliste insiste sur le fait que les consignes de sécurité doivent être "des ordres, et non pas de simples recommandations" et que les différentes enseignes doivent les prendre en compte. 

Reste à voir comment les travailleurs accueilleront ce projet d'accord.