En pleine crise du coronavirus, les réservations de vols chutent mais les avions continuent à voler, même vides. Comment l’expliquer? La règle européenne des 80% contraint les compagnies aériennes à maintenir la plupart des vols.

En cette période d'épidémie, les "vols fantômes" (dont le taux de remplissage est très bas voire nul) se multiplient. Certaines compagnies maintiennent ces vols afin de respecter une règle européenne sur l’allocation des créneaux de décollage et d'atterrissage ("slots"). Cette règle pousse les compagnies à assurer 80% de leurs vols. Si ce n'est le cas, elles risquent de perdre leur place au profit de compagnies plus dynamiques. Selon cette règle aussi appelée "use it or lose it" en anglais ("utilise-le ou perds-le"), les créneaux sont remis sur le marché deux fois par an.

The Times affirme que Grant Shapps, secrétaire d'Etat aux Transports britannique, a écrit au coordinateur indépendant des créneaux horaires des aéroports pour lui demander d'assouplir les réglementations existantes. Il se dit préoccupé par l'impact environnemental de ces vols à vide qui gaspillent des milliers de litres  de kérosène. Ses propos sont relayés par le site Business Insider: "Un tel scénario n’est pas acceptable. Il n’est pas dans l’intérêt de l’industrie, des passagers ou de l’environnement, et il doit être évité".

Le ministre français de l’Economie, Bruno Le Maire, affirme également avoir interpellé le commissaire européen Paolo Gentiloni afin d'assouplir temporairement cette règle, devenue absurde dans le contexte actuel. L’Association internationale du Transport aérien (IATA) réclame, elle, la suspension de cette règle du 80/20.