La compagnie aérienne britannique EasyJet a annoncé jeudi la suppression de 4.500 postes, soit près d'un tiers de ses effectifs, afin de faire face au choc de la pandémie de coronavirus. EasyJet, dont l'activité est à l'arrêt depuis des semaines, entend préserver ses finances et s'adapter à un trafic aérien plus faible sur une longue période.

Il précise dans un communiqué que la réduction de 30% sera un maximum, sur des effectifs totaux d'environ 15.000 personnes. Il ne détaille toutefois pas comment ces suppressions d'emplois seraient réparties entre les différents pays où elle est présente.

En France, la compagnie au logo orange et blanc est par exemple numéro deux du marché avec 7 bases et 1.800 emplois. En Belgique par contre, elle ne dispose d'aucune base et n'assure que des vols entre Zaventem et Bordeaux, Nice, Genève, Bâle et Berlin.

EasyJet compte également réduire ses coûts en renégociant ses contrats avec les aéroports et revoir en baisse le nombre d'avions dont il a besoin. Il prévoit de disposer d'une flotte de 302 appareils en 2021 - soit 51 de moins que prévu avant la crise, notamment grâce à des reports de livraisons.

La compagnie rejoint ses concurrentes British Airways, Ryanair ou Virgin Atlantic, qui ont toutes annoncé des suppressions de postes récemment.

"Nous savons que c'est une période très difficile et nous devons prendre des décisions très difficiles affectant nos collaborateurs, mais nous voulons protéger autant d'emplois que possible sur le long terme", a expliqué Johan Lundgren, directeur général du transporteur.

Le transport aérien vit "la pire crise que le secteur ait jamais affrontée", a-t-il prévenu ensuite lors d'une conférence téléphonique.

La pandémie a brutalement paralysé le trafic et immobilisé les avions des compagnies dont la trésorerie fond à grande vitesse faute de chiffre d'affaires, menaçant leur survie.

A l'appui de sa décision de réduire les effectifs, le groupe met en avant le fait que sa flotte d'avions va être réduite en raison de la baisse de l'activité, mais aussi la nécessité d'optimiser son réseau et ses bases, d'améliorer la productivité et de mettre en place des méthodes de travail plus efficaces pour rester rentable.

EasyJet confirme par ailleurs une reprise progressive de ses vols à partir du 15 juin, surtout des vols intérieurs au Royaume-Uni et en France.

La compagnie précise que les réservations sur ces vols de reprise sont "encourageantes" et que la demande pour l'été 2020 dénote une amélioration de l'activité, stimulée par la décision de certains pays, comme l'Espagne et la Grèce, de relancer le tourisme.

EasyJet estime toutefois que ses capacités de vols entre juillet et septembre ne s'élèveront qu'à 30% de celles de l'été 2019. A plus long terme, elle dit ne pas s'attendre à un retour à la normale avant 2023.

Elle ajoute que les réservations pour l'hiver prochain sont quant à elles plus élevées que l'an dernier à la même période, les voyageurs ayant reporté les vols annulés lors de la pandémie.

Le syndicat Unite a qualifié de "précipitée" la décision de supprimer des emplois, d'autant que la compagnie bénéfice de l'aide du gouvernement sous la forme du chômage partiel et d'un prêt de 600 millions de livres des pouvoirs publics.

EasyJet connaît une période particulièrement mouvementée.

Outre la pandémie, la compagnie avait révélé la semaine dernière avoir subi en début d'année une cyber-attaque ayant affecté 9 millions de clients.

Le groupe a par ailleurs réussi lors d'une assemblée générale d'actionnaires vendredi dernier à faire échec à une proposition de son fondateur visant à évincer l'équipe dirigeante, sur fond de mésentente sur la gestion de la pandémie.