La compagnie aérienne régionale britannique Flybe a annoncé tôt jeudi avoir cessé ses activités "avec effet immédiat", à court de liquidités et incapable de faire face à l'épidémie de nouveau coronavirus qui a mis un frein brutal au trafic aérien dans le monde.

"Tous les vols sont cloués au sol et l'activité au Royaume-Uni a cessé avec effet immédiat", a indiqué dans un communiqué la compagnie, qui avait échappé au dépôt de bilan en janvier grâce à un coup de pouce fiscal du gouvernement du Premier ministre conservateur Boris Johnson.

Flybe a exhorté les passagers qui avaient réservé un vol auprès de la compagnie de "ne pas se rendre à l'aéroport", se disant dans l'impossibilité de leur trouver un vol alternatif.

Flybe, qui emploie plus de 2.000 personnes, transporte environ 8 millions de passagers par an vers 170 destinations européennes. C'est aussi le principal transporteur sur des aéroports régionaux britanniques comme Aberdeen, Belfast, Manchester ou Southampton.

Flybe a tenté "tout son possible" mais s'est révélée "incapable de surmonter d'importantes difficultés de financement", a déploré le directeur général Mark Anderson. L'épidémie de nouveau coronavirus, qui a entraîné une baisse importante des réservations, a précipité sa chute.

"Le Royaume-Uni a perdu l'un de ses plus grands atouts régionaux", a-t-il ajouté. "Flybe a été un élément clé du secteur aéronautique britannique durant quatre décennies, rapprochant des communautés régionales, des gens et des entreprises à travers toute la nation".

Des administrateurs du cabinet comptable EY ont été désignés.

Syndicat en colère

Connect Airways, consortium propriétaire de Flybe, qui comprend notamment Virgin Atlantic et les fonds Stobart et Cyrus, avait déjà sauvé Flybe de la banqueroute il y a plus d'un an mais sans parvenir à la ramener à la rentabilité.

Cette annonce intervient alors que des médias britanniques affirmaient que la compagnie risquait de se retrouver à court de liquidités si elle n'obtenait pas un prêt de l'Etat de 100 millions de livres.

Après le plan de sauvetage annoncé en janvier par le gouvernement britannique, qui a par ailleurs promis de réviser des taxes sur les billets d'avion lors du budget qui sera publié le 11 mars, les concurrents de Flybe Ryanair et IAG, maison-mère de British Airways, s'étaient insurgés contre ce qu'ils jugeaient des subventions anti-concurrentielles et illégales.

Le gouvernement avait justifié son choix de secourir Flybe par l'importance de la compagnie dans les dessertes intérieures et la vie économique de nombreuses régions.

Cette fois-ci, l'exécutif a choisi de ne pas intervenir, provoquant la colère du syndicat Unite, qui lui a reproché de ne pas avoir "tiré les leçons" de la faillite retentissante du voyagiste Thomas Cook l'an dernier et de la compagnie aérienne Monarch en 2017.

"L'économie britannique dépend fortement d'une compagnie aérienne régionale viable", a souligné l'organisation syndicale. Le fait pour le gouvernement de ne rien faire, "tout particulièrement alors que nous sommes confrontés aux incertitudes du virus Covid-19 et aux changements apportés par le Brexit", est "irresponsable", a-t-il jugé.

Dans un communiqué, le gouvernement a dit se tenir "à disposition" pour aider les passagers affectés.

"La vaste majorité des liaisons assurées par Flybe sont desservies par d'autres moyens de transport, et nous avons demandé aux opérateurs de bus et de train d'accepter les billets Flybe et aux autres compagnies aériennes de proposer des tarifs réduits pour permettre aux passagers de voyager le plus harmonieusement possible", a ajouté un porte-parole.

L'exécutif a dit étudier aussi la possibilité de rétablir des dessertes qui ne sont pas déjà assurées par d'autres compagnies aériennes.