Les syndicats voulaient que les travailleurs soient mieux protégés et que les entreprises qui fabriquent des produits non essentiels ferment leurs portes.

Au grand dam des organisations syndicales, le gouvernement a décidé lundi d'élargir aux contractants et à la maintenance le périmètre d'activités de l'industrie chimique en Belgique.

La chimie est un secteur jugé essentiel dans cette crise du coronavirus mais les syndicats ont dénoncé lundi le fait que des entreprises qui fabriquent des produits comme de la peinture, du parfum ou des bougies parfumées restent opérationnelles. Leurs travailleurs se sont pas toujours équipés de masques ou autres protections et les règles de distanciation sociale ne sont pas forcément respectées puisqu'en tant que secteur crucial, il n'y a pas d'obligation à s'y soumettre.

"Comment peut-on fermer les yeux sur leurs conditions actuelles des travailleurs et sur les conséquences directes pour leurs proches ? Comment peut-on fermer les yeux sur l'utilisation de masques et de tenues de protection par des entreprises non essentielles ? Et que fera-t-on lorsque la pandémie touchera les travailleurs de la chimie ? Comment pourrons-nous assurer la production des biens réellement cruciaux à la nation et à la population ?", fulmine le permanent FGTB Andrea Della Vecchia après la découverte de la décision du gouvernement.

"Je suis dégoûté. Alors que du personnel de direction en télétravail dirige les entreprises à distance, des opérateurs doivent se rendre au boulot comme si de rien n'était. Des employeurs proposent des primes de présentéisme. Comprenez des primes "pour prise de risque". Quel est votre prix pour tenter de ne pas être infecté? Les efforts réalisés par les travailleurs en cette période de crise doivent évidemment être valorisés et récompensés. Mais la prévention doit être maximale. Les règles de distanciation sociale doivent être mises en place et non pas "dans la mesure du possible", comme le prévoit l'article 3 de l'arrêté ministériel", ajoute le syndicaliste.