Le Salon aéronautique de Singapour, le plus important d'Asie, a ouvert mardi dans une ambiance morose alors que le secteur du transport aérien s'attend à subir l'"impact négatif" du nouveau coronavirus. 

Le salon qui se tient tous les deux ans dans la cité-Etat d'Asie du Sud-Est est l'occasion pour des centaines d'entreprises aéronautiques de présenter leurs derniers produits et de négocier des contrats de plusieurs millions de dollars avec les compagnies aériennes.

Mais le virus, qui a fait plus de 1.000 morts en Chine et s'est répandu dans une vingtaine de pays, pèse cette année sur le salon où les visiteurs et les exposants sont moins nombreux que lors des précédentes éditions.

Singapour a fait état de 45 cas de personnes ayant contracté le virus et la cité-Etat a relevé son niveau d'alerte sanitaire la semaine dernière.

Plus de 70 exposants ont renoncé à participer au salon, dont le géant américain de la défense Lockheed Martin et les constructeurs canadiens Bombardier et De Havilland.

Au moins 10 groupes chinois ont dû jeter l'éponge après l'interdiction faite aux Chinois de se rendre à Singapour.

Les organisateurs ont annulé une conférence qui devait se tenir en prélude mais ont maintenu le salon avec des mesures de précaution exceptionnelles. L'accès du grand public a été limité et les participants sont invités à se saluer d'un geste de la main à distance ou en s'inclinant, plutôt qu'en se serrant la main.

Les participants passent par un scanner thermique et des distributeurs de liquide antiseptique sont placés aux endroits clés.

Les poids lourds du secteur comme Boeing, qui cherche à se remettre de la crise provoqué par les crashes du modèle 737 MAX model, et Airbus sont néanmoins présents.

Le secteur aérien souffre déjà des décisions de nombreux pays de fermer leurs frontières aux Chinois pour tenter de contenir la propagation du nouveau coronavirus.

Nous sommes entrés dans "une période difficile" et les compagnies aériennes "vont subir un impact négatif", a indiqué l'Association internationale du transport aérien (Iata) à l'AFP même s'il est encore trop tôt pour prédire les pertes du secteur.

L'industrie touristique dans son ensemble va "encaisser un coup énorme" à cause des annulations de voyage des touristes chinois, a souligné Rajiv Biswas, chef économiste pour l'Asie-pacifique d'IHS Markit.

L'office du tourisme de Singapour a averti mardi s'attendre à une baisse de 25% à 30% des arrivées de touristes cette année dans la cité-Etat.